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En route pour l'avenir du futur

En route pour l'avenir du futur



Paperjam

C'était une gageure. Alexandre P. Codran était persuadé qu'un concours pouvait réveiller l'esprit d'entreprise au Grand-Duché. Les premiers résultats n'étant pas décourageants, Business Initiative peut attaquer la Grande Région. Bilan provisoire.

Au départ il y eut certainement beaucoup de scepticisme qui accompagna la proposition de faire naître de nouveaux potentiels économiques ou industriels dans la Grande Région par le biais d'un concours d'idées. D'autant plus que l'idée de la Grande Région est une chose bien généreuse, mais qui reste plus symbolique que fait réel, tout le monde préférant continuer à faire en général son petit marché de son côté de la frontière. 

Mais Alexandre  P. Codran, initiateur du projet, ne s'était pas hésité sur un terrain vague pour faire démarrer le concept. A la base, il fonda son initiative sur un rapport Mc Kinsey ayant démontré que dans chaque ville avec un potentiel estudiantin certain, on arrivait à créer une trentaine de nouvelles sociétés par tranches de cent mille étudiants. Avec des résultats assez prometteurs des villes de Zürich et Munich à l'appui, il réussit à convaincre ses premiers partenaires. Fedil, Chambre des Métiers et Chambre de Commerce furent les premiers alliés.

Les débuts?

Ainsi naquit le 7 avril 2000 l'asbl "Business Initiative". Le top fut donné aussitôt les sponsors trouvés, non seulement pour permettre une campagne de lancement à diffusion confortable, mais aussi pour assurer le coaching des candidats retenus. Un peu moins de 30 sociétés participent activement aujourd'hui sur le sol national. Ensemble, elles ont réuni +/- 30 millions Luf de financement. Si Luxembourg ne présente pas de vrai terrain universitaire, il faut tout de même savoir que le nombre d'étudiants atteints en "Grande Région' est 40% plus élevé qu'à Zurich, et que par conséquent il faut s'attendre à y traiter plus de business plans que dans la ville helvétique.

Bilan provisoire

Le lancement dans la capitale luxembourgeoise fut donc en quelque sorte une phase test. Où en sommes nous aujourd'hui, après qu'une campagne presse ait promu le projet et qu'un spot radio fut lancé sur les ondes, dont le ton (plutôt adolescent) peut plus prêter à critique que le but même? Car celui-ci fut néanmoins atteint, 38 projets ayant été déposés fin septembre. Si 18 projets ont été refusés d'emblée, n'ayant pas été considérés comme assez innovants, cela ne doit pas semer inutilement le doute, car le rapport démontre que dans toutes les régions concernées jusqu'à présent, la moyenne à se classer pour la phase deux du projet n'était partout que de +/- 30%. Sur les 20 projets retenus, à ce jour dix ont été admis en compétition, six se trouvent au comité de lecture pour approbation et quatre ont été acceptés en "fast track". Ce qui veut dire que ces quatre lauréats ont déposé des projets que l'on a préféré transférer d'office vers les "business angels" sensés donner un coup de pouce financier, leurs concepts ne permettant pas une attente trop longue, sous risque de se voir devancer par d'autres concurrents. En principe il s'agit là de projets liés étroitement au secteur digital, qui nécessite une grande vitesse de réaction.

D'ailleurs, le secteur de l'IT est le mieux représenté dans les projets qui seront développés (6 projets), suivi des Services (5 projets), et enfin des Services Bancaires, de l'Industrie et des Télécoms (chacun avec un seul projet).

En avant, vers la Grande Région

Il n'y a certainement pas de quoi faire des bonds de joie en considérant ces statistiques. Mais il n'y a pas de quoi baisser les bras non plus. Car lorsqu'on considère l'intérêt parmi la cible luxembourgeoise malgré une presqu'absence de vraie vie estudiantine locale, on peut se dire optimiste au moment du lancement sur la Grande Région. Les facs de Metz, Nancy, Trêves, Sarrebruck, Liège, Namur et Bruxelles ont déjà assuré leur participation, aucune de ces régions ne disposant, seule, de la masse critique d'étudiants et de chercheurs nécessaires. Bien entendu, certaines d'entre elles ont déjà procédé individuellement à la mise en place de leurs propres start-ups. Mais en convenant aujourd'hui d'une chose: la plateforme située à Luxembourg crée des avantages au développement international des activités. Alexandre P. Codran et ses partenaires ont donc de quoi rester confiants. L'ouverture de leur centrale stratégique ayant convaincu les dirigeants des nouveaux points cibles, l'avenir devrait apporter de nouveaux éléments dignes d'être acheminés sans plus tarder vers les pépinières.

Nous y reviendrons sans aucun doute après l'inauguration officielle du concours vers la mi-novembre. Pour continuer à nous informer sur le développement des choses. A savoir p.ex. quel sera, à part les soixante coachs amenés par les sponsors, le nombre de business angels ou la hauteur du "venture capital' mis à disposition. Tout cela étant déterminant pour l'accompagnement des entreprises en incubateurs avant le démarrage réel des entreprises.

En attendant la formule tant appréciée "and the winner is?.", tous les petits génies et ceux qui voudraient le devenir, feraient bien d'aller jeter un ?il sur les sites qui permettront à une élite minoritaire d'entrouvrir la caverne d'Ali Baba: www.123 go.lu, www.business-initiative.lu, www. business-angel.lu, www.123go-creation. org (pour la Grande Région).