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Journée internationale des femmes

En risque de précarité



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La plateforme JIF a voulu illustrer cette année la Journée internationale des femmes sous la forme d’un chantier permanent dans la législation. (Illustration: JIF)

La plateforme de la Journée internationale des femmes (JIF) a profité mardi de présenter son programme de la Journée internationale des femmes pour faire le point sur le risque de précarité de ces dernières années au Luxembourg.

Le Liser (centre de recherche en sciences sociales) a recoupé plusieurs études pour illustrer en chiffres les conditions des femmes au Grand-Duché. Première «bonne» nouvelle, l’écart salarial entre hommes et femmes est seulement de 5,5%, contre 16,3% en moyenne dans l’Union européenne. Les femmes de moins de 40 ans sont d’ailleurs aussi bien, voire mieux, éduquées que les hommes, une bonne condition d’entrée sur le marché du travail.

C’est pourtant par la suite que les choses se gâtent. Le taux d’emploi masculin est de 71%, alors que celui des femmes est de 61%. Si l’on y regarde de plus près et que l'oncompare en équivalents temps plein, l’écart se creuse, car le taux pour les femmes tombe à environ 50%. En cause, une plus large part de temps partiels chez les femmes, qui sont 58% à invoquer des raisons «familiales et personnelles» pour avoir réduit leur temps de travail. Et ces femmes ne s’ennuient pas puisqu’elles consacrent environ quatre heures par jour aux enfants et au ménage, soit deux fois plus que les hommes.

Les interruptions de carrière s’expliquent bien entendu par la venue d’un ou plusieurs enfants. Pour ce qui est du congé parental, 46% des femmes éligibles le prennent, contre seulement 11% des hommes. Les chiffres datant de 2013, les récents changements, notamment au niveau de la rémunération, pourraient changer la donne.

Résultat, 75% des hommes ont droit à une pension de vieillesse anticipée, contre seulement 61% des femmes.

45% des familles monoparentales sont en risque de pauvreté

La plateforme JIF a choisi cette année comme thématique la précarité des femmes. Au Luxembourg, 45% des familles monoparentales sont en risque de pauvreté, et il s’agit en grande majorité de femmes. Ce taux est parmi les plus élevés d’Europe, juste avant Malte et la Lituanie qui ferment le peloton. «Le système fiscal est très injuste à l’égard de ces femmes», explique Anne-Catherine Guio, chercheur au Liser, «car la classe d’impôt 1a est très défavorisée par rapport à un couple de mêmes revenus. De plus, les familles monoparentales ne font généralement pas la demande pour obtenir ‘le crédit d’impôt pour famille monoparentale’ (CIM), crédit qui ne comble pas la différence. Le crédit se réduit si le parent qui a la garde a une pension de plus de 185 euros par mois.»

De fait, la plateforme va déposer au gouvernement son lot de revendications, allant de l’individualisation de la fiscalité à un partage des droits à la pension, en passant par l’instauration d’un système de garde pour enfants flexible et gratuit pour lutter contre le temps partiel subi et soulager les familles monoparentales. 

Les femmes pourront également le faire de vive voix le 8 mars prochain, entre 12h et 14h place d’Armes à Luxembourg. L’imagerie retenue est celle de travaux pour l’affiche de cette année, car pour la plateforme, de nombreux «travaux» (législatifs et autres) le sont depuis trop longtemps.

Pour le côté festif, Neimënster accueillera pour la 4e édition la fête culturelle et féministe le dimanche 11 mars, avec au programme conférences, workshops, dialogues et concerts.