PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Stratégie

EFA regarde aussi vers l’avenir



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Tom Seale (CEO) et Rafik Fischer (président du conseil d’administration) misent sur le développement à l’international d’EFA. (Photo: Maison Moderne)

À l’heure de célébrer son 20e anniversaire, European Fund Administration a des ambitions de développement bien arrêtées, supportée par un élargissement de sa gamme de services et une immersion dans l’univers des fintech.

Dans quelques heures, European Fund Administration célébrera en grande pompe ses 20 ans. C’est au «19 Liberté», l’ancien siège de l’Arbed récemment racheté par la BCEE (un des actionnaires d’EFA), que quelque 400 clients et partenaires du PSF fêteront deux décennies d’une success-story continue, en présence du Premier ministre Xavier Bettel et du Grand-Duc héritier Guillaume.

L’occasion aussi pour les dirigeants de la société de mieux se présenter, la société n’étant pas forcément connue au-delà du microcosme de la place financière, à l’exception, peut-être, de tous les usagers de la gare susceptibles d’apercevoir l’enseigne d’EFA sur le bâtiment trônant à l’angle de la rue de Hollerich et de la rue d’Alsace.

Développements internationaux

Pourtant, EFA n’est pas un acteur économique mineur au Luxembourg, avec 528 employés de 17 nationalités différentes et plus de 123 milliards d’euros d’actifs sous gestion répartis sur plus de 2.400 portefeuilles de 200 clients, composés majoritairement de gestionnaires d’actifs spécialisés, de petite et moyenne taille.

Mais au-delà de cette belle histoire, EFA est plus que jamais tournée vers l’avenir, en appuyant sa stratégie sur quatre principaux piliers, au premier rang desquels figure le développement international. «Nous allons notamment davantage développer nos activités vers la Suède, avec notre partenaire SEB, mais nous avons aussi des projets en Andorre, en Belgique ou encore en Allemagne», a expliqué ce jeudi matin Thomas Seale, le CEO «historique» d’EFA, dont il dirige le développement depuis la première année.

On ne surestime pas l’impact du Brexit.

Rafik Fischer, président du conseil d’administration d’EFA

Quant à la Grande-Bretagne, la perspective d’un Brexit ne bouleverse en rien la stratégie d’European Fund Administration. «Ce Brexit ne constitue pas une catastrophe pour l’industrie des fonds, mais ne va pas non plus représenter une manne financière tombée du ciel», indique Rafik Fischer, le président du conseil d’administration d’EFA. Les principaux gestionnaires de fonds britanniques ont déjà une présence au Luxembourg et les fonds typiquement britanniques ne se prêtent pas à une distribution transfrontalière.

«En revanche», précise-t-il, «il est clair que les sociétés de gestion établies à Londres et qui veulent garder le passeport européen devront se redomicilier ailleurs. Et ils auront comme choix Dublin ou Luxembourg. Toutes choses restant égales par ailleurs, on peut s’attendre à un impact positif, mais on ne le surestime pas non plus.»

Un œil sur la blockchain

La croissance d’EFA est aussi attendue sur le terrain du private equity, lancé en 2008, et qui revendique aujourd’hui 16,2 milliards d’euros d’actifs administrés, mais aussi de l’élargissement de la palette de services à destination des professionnels des fonds. «La vague réglementaire que nous connaissons depuis plusieurs années nous amène à proposer de plus en plus de services à valeur ajoutée à destination de nos clients. Les plus récents concernent le reporting Priips et le Common Reporting Standard.»

Enfin, EFA s’implique fortement dans les développements liés à la blockchain. «Avec 10 autres acteurs de la Place, nous avons mis en place un consortium réfléchissant à l’utilisation de ces technologies pour l’administration des fonds», précise M. Seale. Ce consortium, Fundchain, annoncé ce jeudi, est piloté par la société Scorechain et réunit, outre EFA, La Bil, BNP Paribas, Caceis, HSBC, ING Luxembourg, Pictet, RBC Investor & Treasury Services, Société Générale Bank & Trust et PwC.