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EasyJet : «Gatwick, pour commencer»



François Bacchetta (EasyJet) : « La route sur Gatwick est un début. Il est probable que demain, on en proposera d’autres. » (Photo : easyJet)

François Bacchetta (EasyJet) : « La route sur Gatwick est un début. Il est probable que demain, on en proposera d’autres. » (Photo : easyJet)

La compagnie à bas prix EasyJet aura Luxembourg dans son plan de vol fin octobre. Pour le directeur général France-Benelux, François Bacchetta, c’est un premier pas évident. « On sait pourquoi on est là et on y est pour durer. » Trois questions à un directeur qui se dit ravi de trouver le chaînon manquant luxembourgeois.

Monsieur Bacchetta, quelle est la stratégie globale d’EasyJet en débarquant avec une offre sur Luxembourg ?

« Notre métier, c’est le court courrier, sans correspondance, et avec des vols dont la durée moyenne est d’une heure vingt. Nous sommes la 3e compagnie européenne, avec 55 millions de passagers l’an dernier. Il était logique, à un moment donné, de desservir Luxembourg. Je me réjouis, en tant que directeur pour le Benelux, de couvrir enfin le Luxembourg ! Nous sommes bien présents sur Amsterdam, qui est un ancrage historique. Et sur Bruxelles depuis quelques années. Luxembourg était un chaînon manquant. Nous avons évidemment fait nos études de marché, avec la question centrale : est-ce qu’on apporte quelque chose ? Pour nous, il est clair que l’on comble un vide dans le service grand public. Le low-cost représente 43 % du trafic aérien européen. Aucune raison pour que Luxembourg n’en bénéficie pas ! On commence tout naturellement avec les vols directs de et vers Londres-Gatwick. C’était une route évidente pour nous, parce que c’est un vaisseau amiral. Gatwick est une zone de chalandise en soi, qui couvre un secteur énorme de Londres et s’ouvre vers le sud-est de l’Angleterre. Il n’y a pas de cannibalisme entre aéroports. Et je suis persuadé que les parts de marché que l’on prend sont des parts de marché que l’on crée.

Quel est le profil type du client que cible EasyJet ?

« Il est très varié. On n’a pas un produit typiquement business l’année et de tourisme saisonnier comme Luxair, ni un côté traditionnel comme British Airways. Notre taux de remplissage est régulier, toute l’année. 17-18 % sont des hommes d’affaires. On ouvre donc une opportunité pour les entrepreneurs britanniques, qui ont l’habitude de voler sur EasyJet et qui connaissent nos services et notre rapport qualité-prix. Dans l’autre sens aussi, bien sûr. Il y a aussi un tourisme hors saison, des courts séjours, une forme de tourisme d’opportunité. Notre clientèle est assez jeune, mobile, dynamique, c’est la génération Internet, des gens libres de leurs mouvements, qui vont apprécier de saisir une occasion pour un week-end à 50 % du prix classique par exemple. Nous sommes dans un créneau de service aérien grand public.

Pourquoi choisir Luxembourg alors que d’autres s’implantent dans des aéroports régionaux ou limitrophes ? Luxembourg est-il une base pour de futurs développements ?

« Luxembourg même était une évidence ! Quand on emmène nos passagers quelque part, on les amène à leur vraie destination. Nous opérons depuis les aéroports principaux et c’est un choix opérationnel logique. Nous sommes à Zaventem et pas à Charleroi. À Schiphol et pas à Rotterdam. Donc nous passons par Luxembourg. Nous sommes une entreprise normale, avec un business model qui n’intègre pas la chasse aux subventions… Luxembourg ne sera pas une base en soi. On ne va d’ailleurs pas créer un pôle particulier. Le personnel EasyJet sera dans l’avion. Les opérations au sol seront made in Luxembourg avec le partenariat classique. On contracte avec l’opérateur local et en cela, on fait comme toutes les compagnies. Mais on génère de l’activité sur place et on pense que cela va créer des échanges, que l’on va contribuer à créer de la valeur à Luxembourg. Au-delà ? Luxembourg devient un point de notre réseau, un point important, qui manquait au paysage. Nous ne passons pas par hasard et encore moins sur un coup de tête, sans avoir réfléchi à plusieurs années. La route sur Gatwick est un début. Il est probable que demain, on en proposera d’autres. Chaque chose en son temps. On démarre avec une route-test, un potentiel client que l’on maîtrise. Et on verra ce que dit le marché. »