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Note de conjoncture du Statec

Des prévisions de croissance revues à la baisse



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«La croissance luxembourgeoise se retrouve donc quasiment au même niveau que celui de la zone euro», note Serge Allegrezza, directeur du Statec. (Photo: Edouard Olszewski / Archives)

Le Statec est revenu sur ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019. Annoncée à 4,5% en décembre dernier, la croissance économique luxembourgeoise devrait finalement avoisiner les 4%, selon la dernière note de conjoncture présentée ce mardi.

Les prévisions de croissance, annoncées en décembre dernier, de 4,5% pour 2018 et 2019 ont diminué d’un demi-point dans la note de conjoncture présentée ce mardi par le Statec. «La croissance économique luxembourgeoise devrait être de 3,9% cette année et de 4% en 2019», confirme Serge Allegrezza, directeur de l’institut de statistique. «Sur la fin de 2017, la croissance a marqué le pas. L’année dans son ensemble se solde au final par une progression du PIB de 2,3%. C’est plus faible que la croissance enregistrée en 2016 (+3,6%), et c’est plus faible que notre dernière prévision, qui tablait sur une hausse du PIB de 3,4% en 2017.»

La croissance luxembourgeoise se retrouve donc au même niveau quasiment que celui de la zone euro (+2,4%), «ce qui est une contre-performance, car nous sommes plutôt habitués à atteindre un niveau supérieur à la zone euro», précise Bastien Larue, employé au service Conjoncture du Statec.

«Cette révision à la baisse était incontournable après la chute observée en début d’année sur les cours boursiers. Mais cela ne remet pour autant pas en cause le diagnostic conjoncturel général: celui d’une croissance dynamique qui arrive progressivement à maturité», pointe Tom Haas, attaché modélisation et prévisions au Statec.

La valeur ajoutée du secteur financier accuse une chute de 3,3%

Si cette trajectoire est «moins dynamique que celle dessinée dans la précédente note de conjoncture, c’est notamment à cause d’une perception moins favorable de l’activité (observée et prévue) pour le secteur financier», ajoute Bastien Larue. «Le secteur financier a connu une explosion très forte de ses frais, qui ont écrasé la valeur ajoutée (en repli de 3,3% en volume, en 2017). La digitalisation et la mise en conformité de certains règlements internationaux sont en cause.»

En tablant sur une reprise des cours boursiers à +6,8% en 2019, et avec le soutien de la conjoncture européenne et internationale, les activités financières devraient retrouver une croissance plus dynamique (proche de 3%), «mais encore inférieure au rythme historique et à la croissance du PIB», note le Statec.

Toujours dans le secteur financier, les créations d’emplois au Grand-Duché ont été plus nombreuses dans les activités auxiliaires, qui incluent notamment la gestion des fonds (+6,5% en 2017), alors que les activités des services financiers hors assurance (comprenant les banques, les soparfi et les OPC) «expliquent en grande partie le ralentissement de 2017. La croissance de l’emploi y passe en effet de 2,7% en 2016 à seulement 1,5%», complète le Statec dans sa note de conjoncture.

L’emploi toujours dopé par les frontaliers

Selon le Statec, l’emploi devrait accélérer légèrement au Luxembourg, à 3,5% cette année «et ne devrait ralentir que marginalement en 2019 (+3,4%). L’emploi frontalier devrait augmenter environ deux fois plus vite que celui des résidents (près de 5%, contre environ 2,5%) à l’horizon 2019. Plus de 15.000 postes devraient être créés en net en 2018, dont plus de 8.500 occupés par des frontaliers.»

Des prévisions de croissance qui pourraient à nouveau être impactées «par le contexte géopolitique international, notamment le dossier iranien, les mesures de protectionnisme aux États-Unis, la hausse du prix du pétrole, ou l’arrivée au pouvoir de populistes, comme c’est le cas en Italie», confirme Serge Allegrezza. À suivre dans la prochaine note de conjoncture prévue d’ici six mois.