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Fiscalité

Des carburants peut-être plus chers de quelques cents



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C’est certain, l’augmentation n’aura pas lieu le 1er janvier. (Photo: Shutterstock)

L’essence et le diesel coûteront sans doute plus cher en 2019. Notamment parce que le gouvernement prévoit une hausse de la taxe sur les produits pétroliers.

Les carburants pourraient coûter plus cher en 2019 au Luxembourg. Une hausse des taxes de 1, 2 ou 3 cents par litre est en effet une possibilité évoquée par le gouvernement. La mesure figure dans l’acte de coalition signé voici quelques jours par Déi Gréng, le DP et le LSAP. Le nouveau ministre de l’Énergie Claude Turmes a aussi confirmé cette intention.

Pas de décision précipitée

Certitude: cette augmentation n’entrera pas en vigueur le 1er janvier prochain. «Un comité interministériel (Finances, Environnement, Énergie, Économie) sera mis en place, avec les missions d’effectuer un monitoring détaillé à un rythme régulier de l’évolution des ventes de carburants routiers, de l’analyse des facteurs sous-jacents aux évolutions observées et du suivi de l’impact des nouvelles mesures proposées par le Gouvernement. Ce comité dégagera des mesures devant être prises en vue de réduire de façon continue l’impact de la vente des carburants sur le respect des objectifs en matière de protection du climat», peut-on lire dans l’acte de coalition. Ce qui signifie que toute hausse sera d’abord étudiée, et son impact évalué, avant d’être appliquée.

Hors de question de taxer dans la précipitation. Et de fragiliser certains secteurs d’activité. Pour le moment, ni les syndicats ni les organisations professionnelles ne commentent la possible hausse des taxes. «Nous ne savons pas quels carburants sont concernés, dans quelle mesure, quand, si cela concerne juste les privés, ou aussi les professionnels de la route», disent-ils en chœur. 

L’objectif de cette taxation plus forte est de «financer les efforts sociétaux pour réussir la transition écologique». Des carburants plus chers pour une nature plus verte, donc. Le Luxembourg a en effet signé les accords de Paris et souhaite respecter les engagements pris. Mais pour le moment, les recettes des taxes environnementales ne représentent que 4,66% du total des recettes publiques, et 1,77% du PIB. Le pays est dans la queue du peloton européen.

Choc pétrolier en vue?

Si les différentes taxes et accises influencent les variations du prix des carburants, il dépend aussi grandement des fluctuations des marchés pétroliers. En 2018, ces marchés avaient montré des signes haussiers avant de rechuter fortement au cours du quatrième trimestre. Assez pour envisager un choc pétrolier à moyen terme, s’interroge la Fondation Idea dans son Document de travail n° 11.

Premier constat: la consommation devrait se stabiliser aux alentours de 100,7 millions de barils par jour en 2018, et 101,51 millions de barils en 2019. Second constat: jusqu’en 2025, l’Agence internationale de l’énergie estime que la croissance de la consommation de pétrole sera d’un million de barils en plus par an. Puis, cette progression ralentira à hauteur de 250.000 barils en plus jusqu’en 2040. Ce sont les pays émergents qui se montrent de plus en plus gourmands, et la Chine, qui consomme aussi de plus en plus (une estimation fait état de 13 millions de barils par jour en 2040).

Une pénurie possible en 2025

Du côté de l’offre, le postulat est une baisse probable de la production aux alentours de 2020 à 2022, en raison de la forte baisse des investissements depuis 2015. Les cours vont donc logiquement augmenter, et le baril de Brent pourrait atteindre les 100 dollars fin 2020, ou au cours de 2021. «À moyen terme, il est possible qu’on se dirige donc vers un nouveau choc pétrolier, qui pourrait être accentué par l’un ou l’autre événement géopolitique», souligne la Fondation Idea.

L’Agence d’information sur l’énergie évoque même une possible pénurie de pétrole à l’horizon 2025. Cela suite au manque d’investissements des compagnies pétrolières. Il faudrait, pour éviter tout risque, doubler les investissements rapidement. Sans oublier que les découvertes de nouveaux puits de pétrole n’ont jamais été aussi faibles depuis les années 40. Et pour différentes raisons, il est illusoire que le pétrole de schiste puisse venir compenser ces manques.