POLITIQUE & INSTITUTIONS

Des milliers de jeunes dans la rue

Déferlante lycéenne sur la ville!



Le cortège parti de la gare... (Photo: Christophe Olinger)

Le cortège parti de la gare... (Photo: Christophe Olinger)

C’est déjà un succès populaire, une mobilisation rare. Les (parfois très) jeunes manifestants luxembourgeois battent le pavé, pour sauver «leurs» bourses. Ambiance de grande récréation dans une capitale au ralenti forcé.

Ils sont venus de partout et le rassemblement de la gare en a été la démonstration. Descendus de trains bondés, par grappes entières, des centaines de manifestants, peu avant 10h, bloquaient le parvis de la gare, le hall, une partie des quais. Et encore alors que le départ de l’imposant cortège avait déjà atteint l’avenue de la Gare, noire de monde. Comme un jour de braderie...

Le 6670, du numéro du projet de loi Meisch pour réformer le système des bourses et aides financières aux étudiants, est devenu un nombre célèbre et fédérateur. Mais ce sont les lycéens qui occupent le terrain.

Ils sont parfois très jeunes, 12-13 ans. Le rassemblement prend des airs d’immense cour de récréation.

Emportés par la foule

La bonne humeur est de sortie. Pas sûr que tous les joyeux participants maîtrisent le dossier. Les calicots (finalement assez rares, en comparaison des milliers de paires de bras qui s’agitent) et pancartes, parfois, en témoignent. La plupart en allemand ou en luxembourgeois, parfois en anglais, quelques mots en français. «Pas d’études à l’étranger = chômage», scande ainsi une poignée d’élèves, banderole à l’appui… Les smartphones n’en perdent pas une miette, multipliant les selfies et donnant un écho instantané à la déferlante, qui converge vers le point de ralliement, à l’ombre des ministères.

Mais l’encadrement – les vestes vertes du «Campusfest» – fait son office. Lance les slogans, harangue la foule. Aux mégaphones, répondent des clameurs qui montent jusqu’aux étages de bureaux où, étonnés, des employés cravatés observent. Plus loin, derrière la police qui se contente de la circulation, les automobilistes déviés, portant dûment avertis, pestent, ne savent plus où donner du volant... Quelques groupes de jeunes gens désertent déjà, bifurquant vers les fast-food...

Streik

Mais le cortège gronde et enfle quand même, nourri des rues perpendiculaires. «Pas d’économie sur le dos de l’avenir». «Non à la loi». Sifflets et sirènes. Le mot le plus utilisé, c’est Streik. Grève. Et le mouvement communique, en live, via les réseaux sociaux et le site Streik.lu, très vite alimenté. Entre autres, les lycéens et étudiants y trouvent des propos rassurants (relayés par des flyers distribués à l’arrivée des manifestants): «Ils ne doivent pas s’inquiéter s’ils ne sont pas officiellement excusés dans leur lycée», explique une des étudiantes du staff.

Ils étaient 14.500 inscrits sur la liste des grévistes. Certains n’ont pas pu s’inscrire, parlent d'intimidation. Et d’autres ont été poussés à le faire, parfois par des profs qui ont fait la leçon de chose (et parfois à leur sauce, saupoudrée de relents anti-frontaliers, présentés comme la source des maux des futurs étudiants résidents!).

Tous les inscrits ne sont pas dans la manif. Mais l’objectif des 10 à 15.000 jeunes dans la rue est d’ores et déjà atteint, manifestement.

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