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«Défendre la dignité doit commencer dès l’école»



Carolina Parisi a de nombreuses ambitions pour son chapitre, dont celle de placer le Luxembourg sur la carte de la dignité mondiale.   (Photo: Atelier d'image- Sven Becker)

Carolina Parisi a de nombreuses ambitions pour son chapitre, dont celle de placer le Luxembourg sur la carte de la dignité mondiale. (Photo: Atelier d'image- Sven Becker)

ONG internationale, Global Dignity défend des valeurs d’égalité des chances, d’accès à l’éducation et de recherche de dignité, en particulier auprès des jeunes citoyens. C’est une quête que partage Carolina Parisi, fraîchement élue à la tête du chapitre luxembourgeois.

Présent dans une cinquantaine de pays dont 16 en Europe, le réseau Global Dignity est né en 2006 sous la triple impulsion d’Haakon, l’héritier de la couronne de Norvège, de Pekka Himanen et de John Hope Bryant, à l’initiative du mouvement Young Global Leaders of the World Economic Forum. Le trio a choisi Carolina Parisi comme country chair du chapitre luxembourgeois en avril 2015.

Juriste de formation et très impliquée dans le secteur associatif, elle a plusieurs cordes à son arc. Italo-Brésilienne de naissance, Carolina Parisi s’installe au Grand-Duché il y a quatre ans et entame une carrière chez ArcelorMittal, tout en continuant à soutenir son ONG brésilienne Minas Action for Education (EME) basée à Belo Horizonte et créée en 2002. «Mon objectif est à présent de devenir une vraie Luxembourgeoise! Je suis très reconnaissante de tout ce que ce pays m’a donné comme opportunités, je veux lui rendre la pareille en montrant au monde entier que ce n’est pas seulement un paradis fiscal. Même si Luxembourg est souvent dans le top 10 des villes les plus agréables, elle peut encore s’améliorer.»

Carolina Parisi est aussi la commissaire fondatrice de la communauté Global Shapers au Luxembourg. Née dans le sillage du Forum économique mondial, cette plateforme internationale mobilise un réseau de jeunes volontaires entre 20 et 30 ans autour de grands enjeux sociétaux.  

Outiller les enfants

Conscientiser les jeunes générations, leur inculquer respect et confiance en leurs possibilités, et leur expliquer en quoi la recherche de dignité doit être centrale constituent le moteur du Global Dignity Day qui a traditionnellement lieu le troisième mercredi d’octobre chaque année. La journée 2015 signera la septième édition. En 2014, 70 pays avaient rejoint l’effort collectif. Pour le Luxembourg, c’était la première année. Carolina Parisi y avait alors organisé un projet pilote au sein de l’École européenne qui avait touché 150 étudiants. Ateliers et travail en petits groupes avaient été organisés.

«J’ai eu la chance de pouvoir travailler de concert avec l’équipe académique, des professeurs aux conseillers psychologues», explique-t-elle. «Les jeunes font aujourd’hui face à énormément de challenges, dont celui du chômage qui ne fait qu’augmenter. Ils devront sans doute créer leur propre emploi. D’où l’importance de les outiller, de développer leur confiance et de leur insuffler une envie d’entreprendre. Ce sont eux les vecteurs de changement. Ils doivent croire que tout est possible.»

Au Luxembourg, encore plus qu’ailleurs, on retrouve le monde entier dans les classes.

Carolina Parisi, Global Dignity

Ce mouvement sera décliné à plus grande échelle à l’automne prochain. «Ce pilote a très bien marché. Nous avons placé la barre assez haut pour la prochaine fois. Les réactions des plus jeunes ont été très touchantes. Il est frappant de voir que leur compréhension de ce qu’est la dignité est la même partout dans le monde.» Dans les semaines à venir, le site de présentation du projet sera mis en ligne, ainsi qu’une application interactive qui sera rééditée. «Via le jeu, les adolescents sont invités à prendre conscience de leurs préjugés et à réagir positivement. S’ils parviennent à s’écouter, s’entraider et à se respecter mutuellement, là on aura gagné. On veut les aider à inspirer les autres. Au Luxembourg, encore plus qu’ailleurs, on retrouve le monde entier dans les classes.»

Pour la prochaine édition, l’ensemble des 600 élèves de l’École européenne sera concerné. D’autres écoles pourraient être amenées à rejoindre la cause, qui nécessite l’implication de tous, des acteurs de l’éducation aux élèves. «Je ne veux pas seulement toucher les écoles privées ou internationales, c’est un sujet qui peut potentiellement intéresser tout le monde.»

Les parents seront également sans doute davantage impliqués à l’avenir. «Les enfants peuvent aussi avoir un impact sur leur famille. Nous réfléchissons en ce moment à comment les intégrer à la réflexion. Mon rôle est aussi de réfléchir aux partenariats qui pourraient nous être utiles. Je pense notamment au ministère de l’Éducation», achève Caroline Parisi. «J’ai des objectifs très ambitieux pour cette action. Nous recherchons toutes sortes de volontaires. Tout le monde est invité à soutenir notre dynamique.»