POLITIQUE & INSTITUTIONS
EUROPE

Grande Région

De nouveaux interlocuteurs en Wallonie



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Homme du Luxembourg belge, de la ruralité ou du tourisme, notamment, René Collin devient le premier Monsieur Grande Région. (Photo: DR)

Le nouveau gouvernement wallon est arrivé. Et avec lui, de nouveaux interlocuteurs pour les dirigeants luxembourgeois, entre autres dans les compétences transversales de la Grande Région. Revue d’effectif.

Après l’extension côté français, la Champagne-Ardenne rejoignant la Lorraine et l’Alsace dans le paysage remodelé des régions de l’Hexagone, c’est du côté belge que ça bouge sur le plan institutionnel. Dans la foulée de la fête nationale du 21 juillet, la Wallonie et la Communauté francophone Wallonie-Bruxelles se sont constituées de nouveaux gouvernements.

C’est, après le scrutin du 26 mai dernier, une coalition entre socialistes (PS) et centristes (CDH) qui s’est formée. Et si, au quotidien, cela ne peut guère émouvoir au Luxembourg, il arrivera évidemment que les dirigeants du Grand-Duché aient à croiser les idées, voire les dossiers ou les budgets (pilotés par les fonds européens notamment) avec leurs homologues wallons, dans le cadre de la Grande Région ou des préoccupations communes dans le voisinage transfrontalier surtout.

Un Monsieur Grande Région du terroir

Ministre-président du gouvernement wallon, Paul Magnette (PS) est le nouvel homme fort, incontournable et charismatique. Entre autres compétences transversales (avec le gouvernement fédéral belge, toujours pas constitué, lui), il est en charge de la coordination des dossiers «relatifs aux fonds structurels européens, de leur mise en œuvre et de leur évaluation, y compris les relations avec les institutions européennes, nationales et régionales». Mais il ne représentera pas le gouvernement wallon au sein des instances de la Grande Région.

Cette représentation spécifique, pour la première fois réellement mise en avant au niveau de la Wallonie, fait partie des attributions d’un Luxembourgeois, entendez d’un représentant du Luxembourg belge. René Collin (CDH), nouveau venu dans le cénacle namurois, était jusqu’ici député provincial. C’est un homme de terrain, et même de terrains, sans frontière, ayant entre autres arpenté les matières touristico-économiques (à l’image du label Ardenne, trait d’union de la France au Grand-Duché).

René Collin, 56 ans, hérite des compétences wallonnes pour l’Agriculture, la Nature, la Ruralité, le Tourisme et les Infrastructures, sportives ou d’accueil de la petite enfance. Cet avocat de formation, hyperactif, ne manquera pas d’être présent sur différents fronts. On peut l’attendre notamment sur des dossiers transversaux, comme la politique touristique ou la gestion du fonds d’impulsion du développement économique rural. Il est probable que cela démarre avec le grand rendez-vous de la Foire agricole, forestière et agroalimentaire de Libramont, qui déboule ce prochain week-end.

De l'économie à la mobilité

Jean-Claude Marcourt (PS) a sous son aile de larges matières économiques, les PME, les fonds d’impulsion en faveur des zones en reconversion, les pôles de compétitivité, les exportations et la promotion des produits régionaux, la recherche ou le commerce extérieur… Autant dire que les relations économiques et entrepreneuriales passeront de près ou de loin par son cabinet.

Parmi les nouvelles têtes, Maxime Prévot sera à suivre entre autres pour les dossiers concernant les Travaux publics ou la Santé, mais aussi – ce qui devrait intéresser François Bausch par exemple – la Mobilité douce ou les aspects régionaux du plan d’investissement des Chemins de fer belges (matière fédérale dont certains aspects se régionalisent, dans le suivi de mise en œuvre en tout cas).

Carlo Di Antonio (CDH) gagnerait aussi à figurer dans l’agenda grand-ducal, pour des attributions comme l’Environnement, l’Aménagement du territoire, la Mobilité et les Transports.