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Alexandra Fernandez Ramos, finaliste du WBMY 2017

De la musique à l’hôtellerie avec la même envie



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Pour Alexandra Fernandez Ramos, Travelsify a été lancée au bon moment et le partenariat récemment passé avec le groupe Accor est de très bon augure. (Photo: Travelsify)

En attendant l’annonce, jeudi soir, de la grande gagnante du prix Woman business manager of the year (WBMY) 2017 de la Bil, Paperjam.lu vous propose chaque jour le portrait de l’une des cinq finalistes. Nous commençons cette série avec Alexandra Fernandez Ramos, 40 ans, la cofondatrice de la start-up Travelsify.

Elle est belgo-espagnole, mais sa soif pour les nouvelles technologies et son goût pour l’entrepreneuriat l’ont rapidement conduite au Luxembourg. Après avoir fait partie de l’équipe qui a lancé Belgacom TV en Belgique, elle prend donc la direction du Grand-Duché en 2006, quand l’entrepreneur Bruno Chauvat l’appelle pour monter une start-up, très novatrice pour l’époque, dans le domaine du partage de musique.

Baptisée Playtime, celle-ci a été la concurrente directe de Deezer et Spotify. Malgré un bon départ, la sauce ne prend toutefois pas et l’aventure se termine deux ans plus tard.

«L’idée était très bonne, mais un peu trop avant-gardiste», reconnaît Alexandra Fernandez Ramos. «Si j’ai appris quelque chose de cette expérience, c’est qu’avoir raison trop tôt, c’est avoir tort.»

Linguiste et passionnée par les nouvelles technologies

Dix ans après, elle tente une nouvelle fois sa chance avec le même associé, mais cette fois-ci dans le secteur de l’hôtellerie. Travelsify est créée en 2016 et développe un algorithme de classification des hôtels du monde entier, qui propose de définir l’ADN de chaque établissement pour pouvoir mieux les répertorier.

Contrairement à ses concurrents, Travelsify laisse de côté les notes des clients, traditionnellement utilisées par les plateformes de recherche, pour se concentrer sur leurs commentaires. L’entreprise a ainsi analysé 100 millions d’avis de voyageurs et d’experts sur 290.000 hôtels, dans six langues différentes.

«J’ai une formation de linguiste qui m’a beaucoup aidée dans le développement de notre algorithme», explique Alexandra Fernandez Ramos. «Comme j’ai aussi toujours été attirée par les nouvelles technologies, je me sens vraiment dans mon élément», ajoute-t-elle.

Première levée de fonds réussie

Travelsify cherche maintenant à vendre ces précieuses données à des plateformes de recherche de séjours ou des grands groupes hôteliers. Début avril, la start-up a ainsi lancé en partenariat avec le groupe Accor l’application mobile MoodMatch. Cette plateforme offre «une expérience de recherche complètement nouvelle fondée entièrement sur les humeurs et les expériences des voyageurs», détaille le communiqué.

Mais il ne s’agit que d’une des nombreuses possibilités offertes par les données récoltées par Travelsify. La start-up a d’ailleurs de grandes ambitions. Elle emploie déjà 15 personnes et vient de procéder à une première levée de fonds de 2 millions d’euros. «Cette fois-ci, l’idée est bonne, nous avons une équipe motivée, des investisseurs qui nous suivent et surtout, c’est le bon timing», conclut Alexandra Fernandez Ramos.