POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Deux comptes au Luxembourg

Dassault renvoyé pour blanchiment de fraude fiscale



Serge Dassault devrait comparaître en juillet devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment de fraude fiscale. (Photo: Licence CC)

Serge Dassault devrait comparaître en juillet devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment de fraude fiscale. (Photo: Licence CC)

Le parquet financier de Paris a délivré début mars une citation directe visant l’industriel et sénateur français Serge Dassault (Les Républicains), qui est soupçonné d’avoir dissimulé des comptes en banque à l’étranger, au Luxembourg ainsi qu’au Liechtenstein, rapportent les médias français.

L’industriel français et sénateur Les Républicains Serge Dassault devrait comparaître le 4 juillet prochain devant le tribunal correctionnel de Paris à la suite d’une citation directe qui le vise pour blanchiment de fraude fiscale. Il est soupçonné d’avoir dissimulé des avoirs au Luxembourg et au Liechtenstein et devrait aussi répondre pour omission de déclaration à la haute autorité pour la transparence de la vie publique, a rapporté ce lundi la presse française.

Le parquet national financier avait ouvert une enquête en novembre 2014 après les révélations de la presse sur des achats de voix présumés lors des campagnes pour les municipales de Corbeil-Essonnes en 2009 et 2010. Les magistrats français avaient saisi à la résidence de Serge Dassault et à son quartier général politique des listes d’électeurs avec les mentions «payé» et «non payé», ainsi que des annotations accréditant la thèse des pratiques frauduleuses.

Le quotidien Libération avait eu accès aux procès-verbaux de l’interrogatoire de Gérard Limat, le comptable suisse de Serge Dassault. L’homme avait raconté aux enquêteurs avoir remis 53 millions d’euros en cash à l’ancien maire de Corbeil entre 1995 et 2012. Limat avait été mis en examen dans la foulée pour complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes et blanchiment. Dans cette affaire d’achat de voix présumé, sept personnes ont été mises en examen, dont Serge Dassault, âgé de 90 ans, ainsi que l’actuel maire de Corbeil, Jean-Pierre Bechter.

Sacs plastiques Dior et Carrefour

Gérard Limat avait reconnu avoir utilisé deux comptes à la banque Edmond de Rothschild au Luxembourg, l’un à son nom et l’autre au nom de la société Merger. L’argent était ensuite ramené à Paris et remis à Serge Dassault en liquide. Le comptable a confié avoir remis l’argent dans des sacs plastiques (Dior, Fnac et même Carrefour) dans le bureau de Serge Dassault. «Je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose», avait raconté Limat aux policiers qui l’interrogeaient.

Selon Libération, l’existence de ces comptes au Luxembourg fut révélée à la suite d’une perquisition du siège parisien de Dassault du rond-point des Champs-Élysées. Les enquêteurs sont tombés sur un relevé de compte appartenant à Gérard Limat.

Ce dernier indiqua aux enquêteurs qu’en mai 2010, la banque Edmond de Rothschild avait refusé d’effectuer un virement à un habitant de Corbeil, puis bloqué les deux comptes, celui de Merger et le sien.

Le nom de Gérard Limat apparaît dans le conseil d’administration de Dassault Luxembourg, aux côtés de ceux d’Olivier Costa de Beauregard du groupe Dassault et de Jean Martin Stoffel, associé de la firme Radices Fiduciam.