POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Réunions extraordinaires

Crise des migrants: Asselborn et Bettel déterminés



Jean Asselborn est en première ligne sur le front de la crise des migrants. (Photo: présidence européenne / SIP)

Jean Asselborn est en première ligne sur le front de la crise des migrants. (Photo: présidence européenne / SIP)

Les 28 États membres de l’UE ont adopté la répartition de 120.000 réfugiés, malgré les «non» tchèque, hongrois, roumain et slovaque. Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères s’est dit déçu des attitudes de rejet. Xavier Bettel a une réunion de crise à Bruxelles ce mercredi.

«La décision sur la relocalisation de 120.000 personnes (a été) adoptée par une large majorité d’États membres», s’est félicitée la présidence luxembourgeoise de l’UE sur Twitter. La Commission européenne, à l’origine de cette proposition a salué «une décision importante». La décision est tombée à l’issue d’une réunion extraordinaire des ministres de la Justice et des Affaires intérieures, tenue en amont de la réunion extraordinaire du Conseil européen, convoquée par la présidence luxembourgeoise.

Mais cette décision n’est pas unanime. Elle a été prise à la majorité qualifiée, pour passer outre la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie qui ont voté contre. La Finlande s’est abstenue. La Pologne a cette fois rejoint la majorité.

En première ligne

«Certains diront que l’Europe est divisée parce qu’on n’a pas atteint la décision par consensus mais nous sommes dans une situation d’urgence», a estimé Jean Asselborn, maître d’œuvre des négociations. Il s’est aussi dit «déçu» par l’attitude de rejet des quatre pays, à l’Est, «les plus récents dans l’Union».

La mesure d’urgence concerne donc 120.000 réfugiés, essentiellement syriens, irakiens et érythréens arrivés depuis la fin août en Grèce et en Italie. D’autres pays pourront être ajoutés à la liste des pays en première ligne.

Les discussions sur le sujet ne sont évidemment pas closes. Le Premier ministre Xavier Bettel participera donc à la réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement, prévue ce mercredi à Bruxelles. Le président du Conseil européen a convoqué cette réunion de crise.

Efforts diplomatiques

Selon la présidence luxembourgeoise, elle se tiendra sous la présidence du Polonais Donald Tusk: «Les chefs d’État ou de gouvernement discuteront de l’aide aux États membres les plus concernés par la crise, de la coopération avec les pays des Balkans occidentaux mais aussi avec la Turquie et les pays limitrophes de la Syrie.»

Ils évoqueront également l’assistance financière au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ainsi qu’au Programme alimentaire mondial. Il est également prévu de discuter «d’efforts diplomatiques» en vue de résoudre la crise syrienne.