POLITIQUE & INSTITUTIONS

R&D

Créativité industrielle décentralisée et incubée



Chaque année, environ 10 millions d'euros sont investis par Paul Wurth en R&D. Avec la création de son Incub, le nouvel axe de la politique du groupe est l'accompagnement de start-up. (Photo: Paul Wurth)

Chaque année, environ 10 millions d'euros sont investis par Paul Wurth en R&D. Avec la création de son Incub, le nouvel axe de la politique du groupe est l'accompagnement de start-up. (Photo: Paul Wurth)

Depuis ses débuts dans la chaudronnerie, Paul Wurth a largement diversifié ses activités et fortement investi en R&D pour y parvenir. Nouvelle étape dans son évolution: l’Incub, un incubateur conçu avec le soutien du Technoport dans le but de faire germer de nouvelles idées et de coacher des jeunes pousses.

Né en 1870, le groupe luxembourgeois Paul Wurth emploie aujourd’hui 1.700 personnes, dont plus de 600 au Grand-Duché. Grâce à l’appui de son actionnaire majoritaire SMS, le fer de lance de l’industrie lourde locale est présent sur quatre continents et maîtrise toutes les étapes dans la création d’un site sidérurgique complet.

Nous devons innover pour nous réinventer.

Bob Greiveldinger, responsable Technologie et innovation

Pour Bob Greiveldinger, responsable «Technologie et innovation», l’engagement du groupe en matière de R&D est un des principaux facteurs qui expliquent sa longévité. «Nos marchés traditionnels ont stagné. Notre portfolio s'est étendu en continu depuis 20 ans. Les compétences technologiques ont été réparties dans toutes nos entités. On ne peut plus tout piloter depuis le Luxembourg. La R&D est devenue décentralisée et se fait partout dans le monde. Une constante: nous devons innover pour nous réinventer.» Chaque année, 10 millions du chiffre d’affaires - qui se situe entre 400 et 450 millions d’euros - y sont consacrés.

Soutenir les nouveaux

L’ouverture du Paul Wurth Incub, un programme de coaching pour des start-up proposant des applications industrielles, participe à cette volonté d’innover, cette fois-ci, grâce à des ressources externes. «En mettant le pied à l’étrier de petits acteurs innovants, nous nous aidons nous-mêmes et nous aidons aussi la région. Cela doit être un win-win. Ce type d’initiative ne remplace bien sûr pas la R&D classique, mais c’est un outil supplémentaire et une précieuse source d’innovation. Dans un grand groupe comme le nôtre, le CTO ne peut aujourd’hui plus être la seule personne qui insuffle toutes les idées», note Bob Greiveldinger.

Pour constituer une première promotion de start-up, un appel à projets avait été ouvert en mai et avait permis de réunir 40 dossiers. Le premier appel avait concerné cinq thèmes volontairement assez larges: énergie, environnement, industrie 4.0, logistique, ou encore smart building. «Avec ces thématiques, nous couvrons une majorité de sujets d'actualité dans l'industrie.»

Nous sortons de notre zone de confort.

Bob Greiveldinger, responsable Technologie et innovation

Sur cette base, 25 start-up industrielles ont été présélectionnées pour pitcher devant un jury, composé de Paul Wurth pour la direction et d’experts externes de chaque domaine, durant le mois de juin. 15 font désormais partie de l’aventure. «Pour nous, c’était un premier test qui nous a permis de comprendre l’écosystème des start-up et voir le nombre d’acteurs actifs dans les différents secteurs industriels. Nous sortons de notre zone de confort. Nous n’offrirons pas seulement du financement, mais des compétences et des outils. Nous allons également travailler en réseau: si une candidature ne nous intéresse pas, nous la transmettons à d’autres acteurs industriels. D’autant plus qu’il n'y a généralement qu'un seul grand acteur par niche industrielle au Luxembourg, nous ne sommes pas en concurrence directe.»

Créé avec l’appui du Technoport, l’accompagnement pourra prendre différentes formes. Certaines pépites seront hébergées dans les locaux d’Hollerich, d’autres collaboreront à distance. «Plusieurs scénarios sont envisageables. Certaines start-up ont déjà des clients, d’autres sont encore au stade de l’idée, c’est justement celles-là que l’on souhaite soutenir en priorité, puisqu’elles ont peu de chances d’intéresser des investisseurs classiques. Notre but n’est a priori pas de racheter les start-up les plus prometteuses, mais de créer des coopérations et d'éventuellement y investir dans une deuxième phase si c'est dans l'intérêt de la start-up. La plupart des incubateurs existants s’adressant à des sociétés ICT et fintech, avec l'Incub, nous avons voulu nous intéresser à l'indutech, ce qui a été bien reçu.»