COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Katrien Montulet

Créateur de conditions



Katrien Montulet s'est constituée une expérience de 10 ans dans les RH. (Photo: Jessica Theis)

Katrien Montulet s'est constituée une expérience de 10 ans dans les RH. (Photo: Jessica Theis)

Avec près de 150 collaborateurs à gérer au sein de La Mondiale Europartner, 
le service RH œuvre pour davantage de proximité et d’innovation.

Communication, responsabilisation et formation sont les trois piliers 
devant permettre aux gestionnaires pluridisciplinaires d’être performants 
et de s’épanouir.

«Le métier de DRH tend vers celui de HR business partner et moins 
vers celui de RH administratif.»

Madame Montulet, vous êtes chargée de mission RH au sein de La Mondiale Europartner depuis le début de l’année. Quel est votre périmètre d’intervention?

«Je m’occupe principalement du recrutement et de la formation. La Mondiale Europartner (LMEP) est une compagnie en forte croissance depuis plusieurs années. En 2013, elle a atteint la 3e place en assurance vie au Luxembourg. Elle offre des solutions d’assurance vie à une clientèle patrimoniale de plus en plus exigeante. Cela implique un certain volume de recrutement dans des domaines spécialisés, car nos métiers sont éminemment techniques, ainsi qu’une formation continue permettant à nos collaborateurs de répondre à l’évolution des demandes toujours plus pointues de la clientèle et du marché.Depuis le début de l’année, nous avons déjà recruté environ une vingtaine de personnes.

Quels sont les profils que vous recrutez?

«Nos équipes sont pluridisciplinaires. Nous recrutons principalement des gestionnaires expérimentés, mais surtout des têtes bien faites, des personnes motivées et impliquées professionnellement. En tant que groupe mutualiste, nous veillons continuellement à retranscrire à notre niveau RH les valeurs défendues par le groupe, qui sont entre autres, la solidarité, la proximité ou encore la responsabilité. Nous avons la chance d’avoir plus d’une dizaine de nationalités différentes au sein de notre équipe, qui apporte l’indispensable brassage culturel nécessaire à une telle activité. Formant une équipe à taille humaine, ils sont à l’écoute des contraintes les plus variées en termes de législation, de marketing ou encore d’attentes de la clientèle.

Comment s’organise votre service?

«Andrew Pearson est à la tête de la direction RH. Il pilote principalement la déclinaison de la stratégie de la compagnie dans sa politique RH. Il est d’ailleurs à noter que LMEP a signé récemment la Charte de la diversité, qui s’inscrit dans notre politique de mise en œuvre des principes d’égalités des chances et de traitement de tous les travailleurs.

La direction RH se compose du département Administration du site et logistique et du département Administration du personnel, gestion des mobilités et des compétences, dont je fais partie. Nous travaillons dans une compagnie de 150 personnes qui bénéficie d’un environnement collégial, très ouvert et ambitieux. Nous souhaitons mener de nombreux projets. La communication est un point très important pour nous. En tant que gestionnaire RH, je suis amenée à communiquer régulièrement auprès des collaborateurs, tant sous la forme d’entretiens individuels informels ou plus cadrés, que de communications génériques. Nous avons en projet la mise en place d’un média social d’entreprise, afin de partager les connaissances et les compétences. Nous tenons par ailleurs des séances plénières trimestrielles avec l’ensemble des employés, des réunions périodiques d’échanges et d’informations avec le middle management, une base d’information RH incluant, par exemple, un trombinoscope, les procédures.

Quelles sont les actions spécifiques que vous menez envers chaque collaborateur?

«Nous avons la conviction que l’important n’est pas ce que la compagnie fait pour les salariés, mais c’est aussi et surtout d’accompagner les salariés afin que ceux-ci acquièrent une certaine indépendance et autonomie, et deviennent responsables de leur développement professionnel.

Nous proposons des avantages qui sont plutôt protecteurs du salarié, tels que la complémentaire santé; la stabilité (nous n’avons que peu de départs de nos salariés); la montée en compétence par un plan de formation ciblé et individualisé; la dimension participative, grâce à un fonctionnement collaboratif en mode projet; ou encore notre FlexiTime.

À travers ce dernier avantage, nous permettons à nos collaborateurs d’organiser leur temps de travail dans les plages de présence obligatoire et dans la limite de huit heures par jour. En contrepartie, nous demandons à chaque collaborateur de se prendre en main. Cette démarche n’a de sens que si on se rend disponible et se montre réactif pour les clients dès qu’ils en ont besoin. Cette liberté sur le temps engendre donc une certaine responsabilité.

Pouvez-vous nous parler de HRmeetup Luxembourg?

«Au début de ma carrière dans les RH, en 2005, j’ai commencé à des postes qui étaient nouveaux à cette époque. Je me suis formée auprès de personnes spécialisées à l’entretien. Il a fallu que j’apprenne à m’adapter et j’avais la volonté de me former et d’en apprendre plus. À force de recherches, je me suis rendue compte que beaucoup de personnes étaient dans ma situation. J’ai donc mis en place des réunions informelles avec des RH de la Place luxembourgeoise dont l’objectif était uniquement d’échanger sur nos difficultés et problématiques rencontrées en entreprise et nos best practices. Nous avions toutes envie et besoin d’améliorer le poste de RH, de le faire évoluer et d’obtenir une sorte de reconnaissance.

C’est comme cela qu’est né HRmeetup Luxembourg, une émanation de HRmeetup Belgique, créé par Frédéric Williquet, qui m’a demandé d’en assurer, avec la collaboration de Thibault Beuken (Huxley Associates), la direction au Grand-Duché. Aujourd’hui, les réunions informelles se sont transformées en réunions gratuites d’échanges de pratiques de terrain, ponctuées par l’intervention de consultants RH qui apportent leur théorie sur le métier. Mais cela reste des rencontres de personnes passionnées par les RH qui exercent dans un vaste domaine, encore trop peu développé au Luxembourg, contrairement à d’autres pays tels que la France.

Comment envisagez-vous votre métier au quotidien?

«La façon dont je vois mon métier de RH vient de mes convictions personnelles et est forcément très liée à la culture d’entreprise au sein de laquelle j’évolue aujourd’hui. LMEP est une compagnie en pleine expansion, en plein changement.

Le contenu du travail et son environnement sont donc constamment en évolution, et la fonction RH a pour objectif d’accompagner en profondeur la compagnie, et donc les salariés, dans ces changements. Certaines exigences de transformation ne seront pas atteignables si l’on ne change pas en premier lieu les attitudes des collaborateurs. La fonction RH se doit ainsi d’être créateur de conditions, de l’expression du leadership et de l’engagement de chacun. Nous accompagnons les directeurs et managers dans le changement des attitudes, tout en développant le potentiel individuel et collectif.

Concrètement, dans mon métier, cela se traduit au quotidien par de l’innovation et de la proximité, à la fois avec le business et les salariés. Pour comprendre les enjeux et la façon dont les ressources humaines de la compagnie peuvent être impactées d’une décision, il faut être impliqué dans la stratégie de la compagnie. Il est également essentiel d’être proche des salariés et d’avoir une écoute à 360°. Par innovation, j’entends qu’il faut s’autoriser à dire que l’on peut changer les choses. Travailler sur l’humain n’est pas une science exacte. Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile à changer que les comportements humains et les habitudes. Pour arriver à résoudre les problématiques, toujours différentes et souvent complexes auxquelles on peut être confronté, il faut faire preuve de beaucoup de créativité et oser innover.

Quelles sont vos ambitions ou missions futures?

«Premièrement, recruter et suivre chaque collaborateur. Il ne s’agit pas uniquement de recruter une personne et de l’intégrer à un service: être bon dans le recrutement, c’est savoir recruter les bonnes personnes, les intégrer et développer leur potentiel tout au long de leur carrière pour permettre à la compagnie de croître efficacement.

L’excellence de la société dépend évidemment du niveau d’excellence exigé de la part de nos collaborateurs.Ensuite, il s’agit d’accompagner les managers. Nous sommes en train de changer fortement nos modes de management. Depuis deux ans maintenant, nous allons vers un management plus participatif, plus ouvert, avec de la communication transversale. Une de nos ambitions RH est d’accompagner cette montée en puissance de nos managers, créer de nouvelles pratiques et créer de nouveaux points de repères.

Troisièmement, nous travaillons sur le développement des compétences de nos équipes. Les métiers dans notre domaine requièrent une haute technicité et il faut savoir faire face à une clientèle qui devient de plus en plus exigeante. Nous voulons investir dans les gens. Pour fin 2014, nous avons de gros projets sur la formation sur la maîtrise de la technique, une meilleure compréhension du business et l’amélioration de la qualité de nos réponses aux clients.

Enfin, nous voulons développer la coopération entre les services. Avoir une grande qualité de service, c’est arriver à bien coopérer et à bien communiquer. En tant que RH, nous avons comme rôle de faire le lien entre les gens.

Nous avons la chance de faire partie d’un grand groupe et sur tous ces sujets, nous échangeons avec les RH du groupe afin d’apprendre de leurs bonnes pratiques.

Comment aimeriez-vous faire évoluer votre service?

«Cette année, notre service RH a entamé et continue de développer beaucoup de projets qui révèlent une orientation commune: celle de contribuer toujours plus fortement au bon fonctionnement de l’activité et au business. Nous constatons de plus en plus de HR business partners et de moins en moins de RH administratifs. Désormais, sur de nombreux projets, les RH quadrillent le terrain, écoutent les besoins du métier et cherchent à contribuer à l’activité.»

10 ans d’expérience

La carrière de Katrien Montulet 
est déjà riche et diversifiée. Si elle se prédestinait, enfant, 
au métier de diplomate ou pilote de chasse, Katrien Montulet est parvenue en l’espace de 10 ans à se constituer une expérience RH riche et diversifiée. Après avoir démarré sa carrière en tant que réceptionniste, puis comptable-infographiste, cette Liégeoise intègre en 2005 la société Gam Consult où elle apprend l’art du recrutement. En 2010, elle devient HR manager et gestionnaire RH chez Devoteam. Son ambition et sa volonté d’apprendre l’amènent à suivre des cours du soir. Plus riche de ses enseignements dans The qualified human resources administration 
et Development of qualified human resource, elle se consacre davantage au reporting social et à l’évolution de carrière, avant d’être embauchée chez La Mondiale Europartner en février 2014 en tant que gestionnaire RH. Un nouveau défi que cette cavalière, passionnée 
de moto et mère d’une petite fille de deux ans, devrait relever sans incidents de parcours.