POLITIQUE & INSTITUTIONS

Pragmatisme luxembourgeois

Courts chemins et raccourcis



Creusez un trou pour en boucher un autre, il restera un trou au final… (Crédit : L’univers des Sims – Maxis)

Creusez un trou pour en boucher un autre, il restera un trou au final… (Crédit : L’univers des Sims – Maxis)

Il a beau être Grand, ce duché est petit. Et tout le monde s’y connaît, à défaut parfois de reconnaître les justes mérites. C’est une évidence, depuis très longtemps. Alors que d’aucuns semblent le découvrir, il faut peut-être rappeler que c’est même, en partie, ce qui a fait le succès du pays.

On appelle ça, couramment, les courts chemins, sorte de traduction locale et pragmatique du bon vieux proverbe mathématique qui veut que le plus court entre deux points, c’est toujours la ligne droite. Dans la grande tradition de l’éducation judéo-chrétienne, certains appellent ça: s’adresser directement au Bon Dieu plutôt qu’à ses saints.

Bref, c’est possible au Luxembourg, parce que tout le monde se connaît. On connaît d’ailleurs autant ses «amis» que ses «ennemis», ce qui peut équilibrer les forces. Mais, fatalement, en navigant dans un périmètre aussi étroit, il peut y avoir des interférences et des croisements, là où les parallèles ne sont jamais censées se rapprocher ou se rejoindre, pas même à l’infini.

Une des multiples illustrations que l’on peut trouver dans l’actualité récente, c’est «l’affaire McKinsey»: où l’on découvre que la fille de l’actuel ministre travaille dans le cabinet de conseil engagé (à grands frais) par le ministère pour évaluer ses pistes budgétaires. Ce n’est certes pas neutre, mais cela s’explique. Et on trouverait sans doute bien des exemples du même tonneau, entre favoritisme, tentation de népotisme, hasard malencontreux et premier prix d’un concours de circonstances.

Plus cher, c’est mieux?

Il y a aussi, dans le paquet de réflexions (plus ou moins gratuites) que cela peut enclencher, ou pas, la question de savoir qui était au courant, qui a eu l’idée, qui n’a pas vu, qui n’a rien dit ou qui n’a rien trouvé à redire. En l’espèce, on pourrait (attention troisième degré!) paraphraser le «qui ne dit mot consent», par «qui n’sait pas n’a rien senti».

Plus sérieusement, on peut juste s’interroger sur les vieilles pratiques, des habitudes solidement ancrées dans le pays, qui font que l’on trouve logique de payer très cher (comme si c’était un critère absolu de qualité, et si a contrario ne pas débourser «un max» était suspect) pour dénicher des sources d’économies futures. Quand on creuse un trou pour en boucher un autre, au final, il reste un trou…

Mais tout est, évidemment, beaucoup plus compliqué en réalité. Oui, le fait d’aller droit au but, de savoir qui aller trouver pour faire avancer sa cause (c’est de l’efficacité ou du lobbying, selon les circonstances), c’est une recette éprouvée, à défaut de constituer une dépense qui épuise.

Il faut, sans doute, ne pas confondre les courts chemins et les raccourcis.