ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

e-commerce

Consommation sans frontières



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Pour Pierre Friob (au centre), président de la jeune fédération, il reste encore plusieurs chantiers à attaquer pour réellement développer l'e-commerce grand-ducal, dont les coûts logistiques transfrontaliers sont beaucoup trop onéreux. (Photo: CLC)

Hébergée au sein de la CLC, la jeune fédération eCom soufflait hier sa première bougie en bonne compagnie. Pour fêter l’occasion, ses membres fondateurs organisaient une première grande conférence dédiée à une cartographie de l’écosystème local ainsi qu’au futur du commerce de détail.

Représentant aujourd’hui 37 sociétés, des «pure players», des commerçants plus traditionnels ou des logisticiens, eCom, la fédération créée pour défendre les e-commerçants, avait réuni membres et partenaires à la Chambre de commerce pour sa première assemblée générale. Cet anniversaire a permis de revenir sur le chemin parcouru ces derniers mois. «La CLC représente 11.000 entreprises au Luxembourg dans 59 fédérations. Aucune n’est à l’abri de la digitalisation. Il suffit d’analyser la récente panne dans les paiements électroniques et ses conséquences pour s’en convaincre», cadre Fernand Ernster, président de la CLC.   

«L’e-commerce n’est pas une mode ou un 'hype' que le commerce va résoudre par l’attentisme», embraie Jacques Lorang, vice-président d’eCom et fondateur de Luxcaddy. «C’est un énorme défi à relever dès maintenant.» 

C’est ensemble qu’il faut stopper l’hémorragie des consommateurs.

Jacques Lorang, vice-président d’eCom et fondateur de Luxcaddy

Si toutes les conditions semblent réunies pour faire du Luxembourg une plaque tournante de l’e-commerce - une population parmi les plus connectées de l’UE, une excellente infrastructure IT ou encore une situation géographique stratégique - de nombreux acteurs locaux sont encore à la traîne. «eCom a été créée pour identifier les éléments perturbateurs sur le marché et enfin stimuler le développement de l’e-commerce local. C’est ensemble qu’il faut stopper l’hémorragie des consommateurs vers les e-commerçants étrangers», ajoute Jacques Lorang, qui constate, néanmoins, un nouveau dynamisme dans le secteur depuis la naissance d’eCom.

Retard à combler

L’état des lieux de l’e-commerce grand-ducal est en demi-teinte. Si l’achat en ligne est entré dans les mœurs, la vente l’est beaucoup moins. Ainsi, on ne compte aujourd’hui que 7% des entreprises luxembourgeoises qui vendent des produits en ligne, contre 14% à l’échelle européenne. «La plupart des entreprises n’y sont pas du tout préparées», déplore Pierre Friob, président de la fédération. «C’est un défi majeur pour toute l’économie.»

Le train du digital est sorti de la gare, il est en route et en accélération.

Fernand Ernster, président de la CLC

Sur le plan des consommateurs, une écrasante majorité des acheteurs luxembourgeois passent commande en ligne auprès d’acteurs étrangers. La faute, notamment, à une offre d’e-shops limitée et de frais postaux toujours prohibitifs. Et le président d’eCom de poursuivre: «L’envoi d’un colis entre Munich et Berlin reste toujours bien moins cher qu’entre Luxembourg et Thionville, c’est un sérieux frein. Une autre difficulté réside dans l’importante fragmentation du régime fiscal et de la TVA dans l’UE. Autre point à améliorer: la formation des profils locaux. Une fois ces blocages dépassés, on ne parlera plus d’e-commerce, mais de commerce tout court avec des aspects digitaux.»

Et Fernand Ernster de conclure: «Le train du digital est sorti de la gare, il est en route et en accélération. Nous n’avons pas le choix que de l’attraper et faire avancer nos entreprises.»