POLITIQUE & INSTITUTIONS

Réorganisation au Findel

Conciliation déclenchée afin de «défendre l’Ana»



La première réunion de conciliation entre représentation du personnel et ministère devrait se tenir début 2017, sachant que la certification du Findel doit être réalisée au 31 décembre 2017 au plus tard. (Photo: Paperjam/DR)

La première réunion de conciliation entre représentation du personnel et ministère devrait se tenir début 2017, sachant que la certification du Findel doit être réalisée au 31 décembre 2017 au plus tard. (Photo: Paperjam/DR)

Au lendemain du discours de François Bausch devant les députés dans le cadre du débat d’orientation sur l’avenir du Findel, la délégation du personnel annonce avoir contesté officiellement les mesures annoncées par le ministre. Avec le soutien des syndicats.

Les propos tenus jeudi à la Chambre des députés par François Bausch lors du débat d’orientation sur le Findel ne semblent pas avoir trouvé un écho favorable au sein de l’Administration de la navigation aérienne (Ana). Une semaine après que la délégation du personnel (RPAA) a fait état de sa volonté de déclencher la procédure de conciliation, la menace a été portée à exécution.

«C’est un ensemble de points qui nous ont poussés à entamer cette démarche, mais le principal tient dans le non-respect des engagements pris lors des conciliations précédentes qui prévoyaient notamment que l’Ana dispose à l’avenir des moyens financiers pour assurer la certification de l’aérodrome, qui doit intervenir au plus tard au 31 décembre 2017», assure vendredi Roland Reiser, président de la RPAA.

Soutien ferme de la CGFP

Comprenez la contestation pure et simple du choix du ministre du Développement durable et des Infrastructures de confier «la coordination de la certification» à Lux-Airport, gestionnaire de l’aéroport, et non à l’Ana, administration en charge notamment de la gestion du trafic aérien. Un choix destiné à faire émerger un seul et unique «acteur majeur au Findel», selon les mots du locataire de la Héichhaus. Pour Roland Reiser, «il en va de la défense de l’Ana et de sa survie».

Comme la semaine passée, la position du personnel de l’administration publique est soutenue par l'OGBL et la CGFP. Dans un communiqué publié vendredi, le syndicat des fonctionnaires en profite pour réaffirmer une nouvelle fois «son opposition complète» à toute délégation de pouvoir d’une administration publique à une société de droit privé. En l’occurrence Lux-Airport, société détenue à 100% par l’État.

Le rapport (…) ne reflète en aucune manière notre opinion, ni celle de toute l’équipe.

Membres de l’Ana, dans un document interne daté de septembre 2016

Après avoir qualifié l’attitude de François Bausch «d’exemple d’arrogance politique», le syndicat dénonce les arguments mis en avant par le ministre, qui avait affirmé jeudi devant les députés avoir basé son choix notamment sur une étude externe. Pour la CGFP, «la neutralité et l’impartialité de ce rapport» peuvent tout bonnement «être remises en question», sans avancer d’autres informations.

Selon un document interne de l’Ana, daté de septembre 2016, que Paperjam s’est procuré, cette critique reprend en réalité au moins un rapport interne dans lequel plusieurs agents estiment que «le rapport (…) rédigé par M. Thomas Liebert (…) ne reflète en aucune manière notre opinion, ni celle de toute l’équipe». Ce même courrier estime par ailleurs que «ce rapport est une offense au travail que nous avons pu réaliser au cours des derniers mois et les conclusions qui y sont présentées ne sont en aucune relation avec les affirmations de M. Liebert durant les réunions de certification».

Ce n’est pas parce que des choses erronées sont répétées à de nombreuses reprises qu’elles deviennent justes.

Dany Frank, porte-parole du ministère du Développement durable et des Infrastructures

De son côté, le ministère du Développement durable, contacté vendredi, réaffirme sa position, à savoir que «les vues du ministre ont été expliquées et discutées en long et en large lors des différentes réunions au cours desquelles le ministre a clairement précisé qu’aucun emploi ne sera privatisé et que les champs de travail resteront les mêmes». Dany Frank, porte-parole du ministre, ajoute également que «ce n’est pas parce que des choses erronées sont répétées à de nombreuses reprises qu’elles deviennent justes quand on continue à les affirmer».

Selon toute vraisemblance, la première réunion de conciliation entre les deux parties devrait avoir lieu début 2017.