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Business Administration – Finance – Legal

Complexité et simplicité



Emmanuel Bégat (Ebsylon) (Photo : Olivier Minaire)

Emmanuel Bégat (Ebsylon) (Photo : Olivier Minaire)

Parler finance à un non-financier n’est pas chose aisée… Comme ailleurs, c’est au plus compétent de s’adapter, même si la pratique n’est pas forcément simple.

Compter et communiquer nécessitent des compétences bien différentes. Les départements financiers des entreprises doivent se préoccuper de la justesse de leurs calculs, de l’équilibre entre les différents postes de leur comptabilité, ou bien encore de la pertinence de leurs choix dans la gestion de la trésorerie de l’entreprise.

La gestion moderne des entreprises passe également par la définition de tableaux de bord, consultables à différents niveaux de l’entreprise par les cadres comme par les différents dirigeants ou responsables de département.

Tout n’est donc pas que calculs et chiffres. Tous les départements financiers doivent communiquer avec des publics internes et externes... Si la transmission d’information, dans un cadre légal ou administratif, est simple, elle peut devenir plus complexe lorsque le contexte change. Pour
Emmanuel Bégat, managing partner d’Ebsylon, « lorsqu’un financier s’adresse à un autre financier, ils parlent ‘chiffres’ et se comprennent plus ou moins. Lorsqu’un financier parle à un non-financier, il ne prend souvent pas en compte le niveau de compréhension de son interlocuteur. Il présente donc souvent des acronymes ou des chiffres signifiants pour lui, sans se poser la question de savoir s’ils le sont aussi pour le vis-à-vis. Souvent, les documents sont surchargés, voire illisibles, car le financier est par nature attentif aux détails. »

La mise en page, la sélection du niveau de détail, l’explication des termes, sont autant d’éléments essentiels pour assurer la bonne formulation de son message. Si, ainsi exprimé, le défi semble simple, il ne l’est pas forcément dans les faits : la finance reste un sujet complexe où la simplification peut devenir gênante, voire suspecte selon l’enjeu de la communication.

Le challenge, donc, est de réussir à parler à des non-initiés, qui peuvent cependant avoir un besoin critique d’informations… pertinentes. Pertinentes, cela veut dire avec la bonne granularité, le bon niveau de détail, dans une présentation suffisamment claire pour être compréhensibles.

Aux protestations quant aux limitations imposées par la loi, Emmanuel Bégat oppose un avis très clair : « Toute information, quelle qu’elle soit, peut être présentée de façon claire, concise et efficace, tout en respectant la conformité aux prescriptions légales et réglementaires. Il faut déjà se demander ce que l’on veut faire passer comme message et à qui, et quel est l’intérêt de la personne à qui l’on s’adresse ! »

Cette obligation d’efficacité est d’ailleurs encore renforcée dans un contexte économique tendu. Les relations avec les différentes parties prenantes de l’entreprise peuvent ainsi dépendre de l’impression dégagée par cette entreprise. Semble-t-elle trop floue, hésitante ou confuse, ce sont des contrats et des opportunités de développement qui peuvent s’évanouir. En interne également, une mauvaise information sur la situation des finances de l’entreprise, ou les coûts induits par un projet, et des décisions pourraient être prises contre le bon sens…

À charge donc pour les personnes concernées de faire preuve d’adaptation et de recherche. Cet effort est d’autant plus utile qu’il y a un enjeu associé à cette présentation chiffrée, car « une efficacité accrue de la communication permet, selon son objet, un processus de prise de décision plus rapide, tout comme une responsabilisation accrue de l’auteur ».