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Comment le Luxembourg veut-il devenir une «start-up nation»?



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L’objectif est d’améliorer les conditions de démarrage pour les jeunes entreprises innovantes relevant du secteur des technologies de l’information et de la communication. (Photo: Fotolia / vege)

Né fin 2014 au Luxembourg, le concept de «start-up nation» a le vent en poupe. Le gouvernement multiplie les initiatives allant dans le sens du développement de cet écosystème. Où en est le modèle? Quelles sont les différences avec nos voisins français?

Fin 2014, Nicolas Buck, alors président de Nyuko, concrétise l’intérêt national pour les start-up et s’inspire du concept israélien pour lancer le concept de «start-up nation». Le projet devient viral. Adopté par les acteurs privés et le grand public, le leitmotiv est institutionnalisé et promu au rang de projet national.

Booster les jeunes pousses

Depuis, la politique du gouvernement en faveur des start-up se renforce. Ainsi, le programme de soutien «Fit 4 Start» lancé par le Ministère de l’Économie, en collaboration avec Luxinnovation et en partenariat avec le Technoport et Nyuko, gagne de l’ampleur.

L’objectif est d’améliorer les conditions de démarrage pour les jeunes entreprises innovantes relevant du secteur des technologies de l’information et de la communication. Lors de la dernière édition, le nombre d’entreprises sélectionnées a doublé.

La France s’est quant à elle fixée pour objectif de devenir le champion européen des start-up et un acteur crédible au niveau mondial. Pour cela, le pays voisin a joué sur trois leviers: la dynamisation de la recherche, un système de financement fort via un réseau de fonds en capital risque et la promotion à l’international. La R&D française est boostée via des entités telles que BPI France ou les collectivités territoriales.

Le crédit d’impôt recherche (CIR) offre aux jeunes entrepreneurs une base importante de développement pour leurs projets. En 2016, la BPI, fonds souverain le plus actif du monde en matière de tech, a octroyé 8,4 milliards d’euros sous forme de prêts bancaires garantis à 61.238 entreprises. Sur ces fonds, 1,4 milliard a été injecté sous forme d’investissements directs.

Une présence renforcée à l’international 

La distribution de Luxinnovation est plus timide, avec un CR «start-up support» à dix entreprises ayant chacune récolté 50.000 euros selon le rapport annuel de 2016. En outre, malgré de belles initiatives, comme le Lban (Luxembourg Business Angel Network) et le lancement en juin 2018 de son «Crowd-investment – Together is better», les investisseurs en capital risque restent peu nombreux dans notre pays.

Enfin, malgré les efforts et la communication de Xavier Bettel et Étienne Schneider, la présence du Luxembourg dans les événements start-up les plus médiatisés est à poursuivre. Si l’initiative d’implanter un Pavillon luxembourgeois au CES 2018 a été abondamment relayée, le nombre de huit start-up luxembourgeoises présentes à Las Vegas est à relativiser face aux 300 exposants de la French Tech, deuxième contingent du salon derrière les États-Unis.