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Édito

Combat quotidien



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Les trois interviews du magazine sont consacrées à Catherine Larue, Anne-Catherine Ries et Christianne Wickler. (Photos: Phaedra Brody et Patricia Pitsch)

Une seule journée ne suffit pas pour gommer tous les préjugés et briser le plafond de verre. Comme l’a récemment rappelé la ministre de l’Égalité des chances (un portefeuille qui est synonyme en soi d’un malaise dans la société), les clichés à l’égard des femmes persistent. La campagne présentée par Lydia Mutsch en amont de la Journée mondiale des droits des femmes – le 8 mars – donne toutefois le bon message: «Changez de perspective.»

L’état d’esprit collectif doit changer sur plusieurs niveaux: école, travail, famille et médias. Face à un flux permanent de contenus ou d’informations parfois fausses, tendancieuses, voire discriminatoires, les médias dits «classiques» doivent remplir leur mission pour démonter, pour expliquer, pour rectifier.

Paperjam a fait le choix dans cette édition précédant le 8 mars de mettre à l’honneur le leadership au féminin. «Il n’y a pas de leadership féminin, il n’y a que du leadership», pourrait rétorquer Christianne Wickler. La patronne du Pall Center n’a pas tort, mais les role models doivent être mis en lumière comme autant de sources d’inspiration, tant pour les hommes que pour les femmes, d’ailleurs.

Comme le reconnaît Anne-Catherine Ries, à la tête de Digital Lëtzebuerg, les femmes doivent mieux se mettre en avant dans un monde professionnel où les hommes n’attendent pas d’atteindre la perfection pour prendre des risques. Le commerce, l’appareil étatique, et enfin la science, avec le chercheur de haut vol qu’est Catherine Larue, CEO de l’Integrated Biobank of Luxembourg: les exemples de réussite au féminin existent dans tous les secteurs. Il suffit parfois d’y prêter attention ou de les faire sortir de l’ombre. Les sœurs Claudie et Stéphanie Grisius, fondatrices de la griffe de mode Vol(t)age, et Carole Muller, la patronne de Fischer, nous ont ainsi ouvert les portes de leurs univers, où la passion prime.

La possibilité d’entreprendre et de réaliser des choses n’est pas fonction du genre, mais d’une série de facteurs. De l’aménagement du temps de travail, tant pour les femmes que les hommes, à l’organisation parascolaire, la société doit être pensée sous un nouveau prisme pour que les aspirations de chacun puissent être combinées. Pour atteindre cet objectif, le monde de l’entreprise a un rôle crucial à jouer. Parallèlement aux résultats financiers, les rapports RSE deviennent essentiels pour jauger une entreprise quant à son impact sur l’environnement au sens large. Une mesure concrète pour évaluer l’engagement des dirigeants d’entreprise dans la lutte contre les discriminations serait l’usage d’une certification, pour ceux qui déploient une véritable politique inclusive. Cette sorte d’indice comparatif valoriserait les employeurs sur un marché du travail où les talents, qu’ils soient masculins ou féminins, deviennent rares. Le combat contre les préjugés est quotidien, il se mènera sur plusieurs fronts et nécessitera l’effort de toutes les parties concernées. Dans un pays comme le Luxembourg, qui met en avant la multiculturalité comme signe de modernité, l’égalité entre genres doit être portée au même niveau de priorité.