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Christiane Weidenhaupt: une poigne forte à la DAC



Christiane Weidenhaupt, future directrice de la DAC, a la réputation d'une femme à poigne au ministère de l'Économie. (Photo: archives paperJam)

Christiane Weidenhaupt, future directrice de la DAC, a la réputation d'une femme à poigne au ministère de l'Économie. (Photo: archives paperJam)

La Direction de l’aviation civile va être dirigée par Christiane Weidenhaupt, qui a derrière elle une réputation de femme à poigne. Cette ancienne de la cellule anti-blanchiment du Parquet n’a pas peur de la confrontation pour imposer ses vues.

Au terme d’une offre d’emploi directement gérée par les services du ministère du Développement durable et des Infrastructures, c’est Christiane Weidenhaupt, 42 ans, qui a décroché le pompon pour devenir, le 1er juillet prochain, et pour un mandat de sept ans renouvelable, la nouvelle directrice de la DAC (Direction de l'aviation civile). «Je me réjouis de ce nouveau job où je pourrai agir de façon autonome», se félicite l’intéressée, interrogée par paperJam.lu.

Christiane Weidenhaupt est titulaire d’un master en économie industrielle et a complété par la suite sa formation par un bachelor en droit. Elle termine une thèse sur le droit de l’espace, qu’elle va remettre avant de commencer à la DAC. Un domaine qui présente, à ses yeux, pas mal de points communs avec le droit aéronautique.

Transfert

Venant du ministère de l’Économie, où elle dirigeait le service des aides d’État, Christiane Weidenhaupt avait été la troisième rapportrice générale de l’Inspection de la concurrence, peu avant sa fusion avec le Conseil de la concurrence. Elle s’y est fait les dents, dans un milieu essentiellement masculin, et s’est forgée là une réputation de femme à poigne, jalouse de son indépendance et qui ne se laisse pas dicter par ses supérieurs des règles qui ne sont pas conformes à la loi. Elle a d'ailleurs aussi été analyste à la cellule anti-blanchiment du Parquet de Luxembourg.

Lorsqu’elle était à l’Inspection de la concurrence, Mme Weidenhaupt avait notamment connu des relations plutôt chaotiques avec Thierry Hoscheit, qui occupait alors le poste de président du Conseil de la concurrence avant de regagner la magistrature, faute de s’être vu confier un nouveau mandat à la présidence d’une institution totalement remaniée.

«Je ne me suis pas laissée faire», dit sobrement la future directrice de la DAC, en refusant d’entrer dans le détail ni de s’étendre sur les raisons qui l’avaient amenée à demander son transfert dans un autre service du ministère de l’Économie en 2011.

Lettre à Juncker

La fonctionnaire n’avait pas hésité non plus à écrire une lettre à Jean-Claude Juncker, alors Premier ministre, ainsi qu’à son ministre de tutelle, Jeannot Krecké, pour pointer du doigt le conflit d’intérêts de son supérieur hiérarchique, Pierre Rauchs, qui visait le poste de président du Conseil de la concurrence et siégeait comme administrateur de la société Creos.

Christiane Weidenhaupt a le souvenir de «moments très durs», avec à l’intérieur du Conseil et de l’Inspection, qui n’étaient pas encore réunis, des «courants n’allant pas dans le même sens».