POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

700 millions pour la Grèce

Charles Goerens: «Cela urgeait»



Pour Charles Goerens, il faut répartir arbitrairement les réfugiés entre les 28 selon une clé démographique. (Photo: DR)

Pour Charles Goerens, il faut répartir arbitrairement les réfugiés entre les 28 selon une clé démographique. (Photo: DR)

Soutenant le déblocage par l’Union européenne de 700 millions d’euros pour soutenir la Grèce, qui est confrontée à un afflux massif de réfugiés, l’eurodéputé Charles Goerens prône une réponse globale à imposer aux Européens, tant en termes d’accueil que d’aide financière à apporter à cette crise.

L'Union européenne a proposé ce mercredi un budget humanitaire inédit de 700 millions d'euros pour aider ses États membres en première ligne face à l'afflux massif de migrants, comme la Grèce, où quelque 10.000 personnes sont toujours bloquées à la frontière macédonienne.

«La proposition d’aujourd’hui rendra 700 millions d’euros disponibles pour fournir de l’aide là où elle est le plus nécessaire», a déclaré le commissaire européen chargé de l’aide humanitaire, Christos Stylianides, proposant 300 millions d’euros pour 2016, et 200 millions par an les deux années suivantes.

Selon d’aucuns, le déblocage de ces crédits par l'Union européenne est un signal fort à l'adresse des États membres, incapables d'apporter une réponse coordonnée au drame des migrants qui sont plus de 130.000 à être arrivés en Europe par la Méditerranée depuis début janvier.

«Mutualiser nos efforts»

Interrogé sur le sujet par Paperjam.lu, l’eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens, qui suit ce dossier de très près pour le groupe des démocrates et des libéraux au Parlement européen, a affirmé ce jeudi que «cela urgeait, qu’il fallait faire vite et que cette initiative européenne arrivait à point».

«Il ne faut pas laisser tomber la Grèce et nous devons mutualiser nos efforts pour lui venir en aide», a-t-il encore ajouté, regrettant au passage que les États membres «peinent à se mobiliser».

Selon lui, la seule solution pour mettre un terme à cette crise est que l’Union européenne arrête une position globale en deux points.

«Il s’agit d’abord de répartir arbitrairement les réfugiés entre les 28 selon une clé démographique», précise Charles Goerens, selon lequel le Luxembourg devrait ainsi en accueillir près de 1.100, contre 20.000 en Grèce.

«Ensuite», ajoute-t-il, «il faudrait décider de fonds d’appui supplémentaires qui seraient calculés selon le PIB – ou autrement dit la richesse – de chaque État membre».

Sur ce point, l’eurodéputé considère que «le Luxembourg pourrait faire deux ou trois fois plus que ce sur quoi il s’est engagé actuellement».