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Bilan de la coprésidence de l’Esa

«Chaque euro investi génère six euros de bénéfice»



Étienne Schneider avec le président de la Confédération helvétique, Johann Schneider-Ammann. (Photo: ministère de l'Economie)

Étienne Schneider avec le président de la Confédération helvétique, Johann Schneider-Ammann. (Photo: ministère de l'Economie)

Présent à Lucerne jeudi et vendredi dans le cadre du conseil des ministres de l’Esa, Étienne Schneider tire un premier bilan «très positif» de la coprésidence luxembourgeoise de l’agence spatiale européenne. Et ne cache pas ses ambitions pour l’initiative Spaceresources.

Monsieur Schneider, depuis 2012, le Luxembourg copréside, avec la Suisse, l’Esa. Quel bilan pour le Luxembourg après quatre ans?

«C’est un bilan très positif de l’avis général, car beaucoup de choses ont été engagées, notamment au cours de la présidence du Conseil de l’Union européenne en 2015, mais aussi en décembre 2014 lors du conseil des ministres des 22 pays membres de l’agence spatiale européenne. Nous avons ainsi donné notre feu vert au développement d’Ariane 6, véritable pierre angulaire pour les prochaines missions spatiales européennes et propulseur qui doit faire concurrence aux systèmes américains. Notamment celui de SpaceX qui a développé un propulseur moins cher et réutilisable.

Jusque vendredi, vous êtes en Suisse pour évoquer l’avenir du secteur spatial européen. Quels sont les enjeux?

«Les pays membres doivent s’accorder pour délivrer de nouveaux investissements, à hauteur d’une valeur globale de 11 milliards d’euros. Cela doit servir notamment au développement d’Ariane 6, mais aussi au financement de la station spatiale internationale, le projet de navigation Galileo qui nécessite de nouveaux financements ou bien encore la mission AIM (Asteroid Impact Mission, NDLR) qui nous intéresse tout particulièrement.

Dans le cadre de l’initiative Spaceresources…

«Pour une question de sécurité générale de la planète, car cette mission vise à étudier les effets d’un impact sur la trajectoire d’un astéroïde. Cela pourrait être vital. Mais bien évidemment aussi, effectivement, pour Spaceresources. À ce sujet, je suis en pourparlers avec la secrétaire d’État allemande pour assurer le financement de cette mission, qui n’est pas encore garanti. Le choix devra se faire entre cette mission et le programme ExoMars dont l’atterrisseur Schiaparelli s’est écrasé récemment sur la planète rouge. Les discussions sont en cours, mais nous devrions avoir une réponse d’ici vendredi matin, après une longue nuit de discussion.

Dans ce contexte, quelles sont les ambitions du Grand-Duché?

«Selon les statuts de l’Ea, au moins 96% des investissements réalisés par un État doivent revenir aux entreprises du pays qui investit. Pour la dernière législature, nous avons eu un retour de 100%, plus un surplus de 100.000 euros. Nous visons donc à nous approcher le plus proche possible de ce résultat. Car chaque euro investi dans le spatial génère six euros de bénéfice, ce qui est extrêmement intéressant.

Et qu’en est-il du budget luxembourgeois alloué à l’Esa?

«Il est encore difficile de l’annoncer, car les discussions sont encore en cours. Mais ce que je peux dire, c’est qu’en parlant du budget de l’Esa et de l’initiative SpaceResources, nous allons investir un peu plus de 200 millions d’euros.

Est-ce que l’initiative visant à exploiter les ressources situées dans les astéroïdes a suscité l’intérêt de nouveaux pays?

«Oui. C’est notamment le cas de la Suisse dont le président de la Confédération m’a fait part de son intérêt. Tout comme dans les conclusions de l’étude Rifkin. Il m’a demandé de lui envoyer ce rapport pour voir les mesures qu’il pourrait implémenter en Suisse…»