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Parution

C’est la lutte fiscale



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La nouvelle édition de l’hebdomadaire politique, économique et culturel d'Lëtzebuerger Land est en kiosques dès vendredi. (Photo: Land)

Zoom sur la «grande réforme fiscale» annoncée pour 2016 dans le Land qui paraît ce vendredi. On y retrouve aussi un dossier sur les 5.000 chômeurs qu'il faut employer, et les préoccupations des électeurs en temps de crise.

En 1994, Alain Steichen soutient sa thèse en droit fiscal à l’Université de Saarbrücken. Au bout de 484 pages, il débouche sur une conclusion déconcertante. Le droit fiscal, écrit-il, serait «le reflet d’une religion nouvelle particulièrement développée au Luxembourg, à savoir l’économisme, religion dont la doctrine tient en un seul canon: les textes constitutionnels doivent plier devant les lois économiques, notamment celle de la course internationale à la compétitivité fiscale». La «grande réforme fiscale» annoncée pour 2016 reposera la question du trade-off entre principes et pragmatismes, entre idéalismes politiques et opportunismes économiques. Des rulings pour personnes privées aux circulaires pour expats, le Land, dans sa nouvelle édition, dressera l’inventaire des régimes fiscaux spéciaux, et posera la question de leur constitutionnalité.

Luxembourg works

«5.000 chômeurs recrutés en plus chaque année, ce n’est pas rien», avait dit le Premier ministre Xavier Bettel à l’issue de la bipartite entre le gouvernement et l’UEL en janvier, selon Le Quotidien. À en croire Xavier Bettel, les entreprises venaient de s’engager à réduire d’un quart le nombre de chômeurs inscrits à l’Adem. L’objectif semblait tellement audacieux que le lendemain la presse quotidienne oublia de mentionner que, en retour, le gouvernement continuait à financer la Mutualité des entreprises et se disait prêt à reconsidérer la période de référence, le plan d’organisation du travail ainsi que la législation sur le salaire social minimum…

Mais deux semaines après la signature du partenariat pour l’emploi où le président de l’UEL Michel Wurth et le ministre du Travail Nicolas Schmit (LSAP) annonçaient que «5.000 chômeurs de plus» seraient engagés, même dans les cercles des lobbies des employeurs on peine à trouver une réponse à la question: «Plus par rapport à quoi?» Entretemps, les fédérations lancent des appels aux entreprises-membres pour déclarer leurs postes vacants à l’Adem – obligation légale largement ignorée jusqu’ici. Car en fait il ne s’agit pas d’augmenter le nombre absolu de chômeurs engagés, mais le nombre de ceux replacés à partir de l’Adem.

Deuxième élection de crise

En 2009, les législatives se déroulaient sur fond de crise économique. En 2013, les électeurs étaient appelés aux urnes après une crise gouvernementale. L’analyse électorale de la chaire de recherche en études parlementaires (qui vient d’être publiée dans son intégralité) montre comment, il y a deux ans, la chute de Jean-Claude Juncker a politisé l’opinion publique et comment la moitié des électeurs se sont découverts libéraux du jour au lendemain. Mais la première des préoccupations des électeurs n’était apparemment ni les institutions, ni la modernisation de la société, mais l’emploi et le chômage. Le résultat des élections reflète-t-il cette préoccupation? Malheureusement, l’analyse commanditée par le Parlement reste fragmentaire et laisse le lecteur sur sa faim.

Land

La nouvelle édition de l'hebdomadaire politique, économique et culturel d'Lëtzebuerger Land est en kiosques dès vendredi.