ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Quand l’industrie innove (2/5)

«Ce n’est pas difficile d’innover»



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Prix de l’innovation 2016 de la Fedil dans la catégorie Start-up, le fondateur d’Apateq, Bogdan Serban, insiste sur le fait que l’industrie luxembourgeoise a évolué. (Photo : DR)

Lauréat du Prix de l’innovation de la Fedil dans la catégorie Start-up, la société Apateq, fondée il y a trois ans, produit des stations de traitement des eaux polluées, notamment par des produits pétrole. À sa création, elle comptait six personnes. Aujourd’hui, ils sont 13 et les effectifs devraient atteindre les 30 l’année prochaine. Interview de son fondateur, Bogdan Serban.

Pourquoi l’innovation est-elle importante pour Apateq?

«Je crois que toutes les entreprises ont besoin d’innovation. Sans l’innovation, on ne peut pas avancer, c’est la seule façon de se différencier de la concurrence. On peut aussi le faire en baissant le prix, mais cela n’est pas soutenable à l’infini. Pour moi, c’est l’innovation qui nous permet d’être les meilleurs. En plus, je dirais que ce n’est pas si difficile d’innover. Il suffit de vouloir, d’avoir une bonne équipe et d’avoir les moyens. C’est comme une spirale dans laquelle on entre et de laquelle on ne peut plus sortir.

Combien de temps cela prend-il entre l’idée et la commercialisation d’une innovation?

«Ça peut prendre beaucoup du temps, mais cela dépend des secteurs. Chez nous, par exemple, il faut un an et demi entre l’idée et la production, mais dans des secteurs comme celui de l’aviation, ça peut prendre 10 ans. À l’inverse, pour la production de petits objets, le délai peut être de seulement six mois.

Le Luxembourg est à une heure de vol de 80% du PIB européen.

Comment qualifieriez-vous l’industrie luxembourgeoise dans son état actuel?

«On a toujours l’impression qu’il n’y a que la finance au Luxembourg et que l’industrie se résume à l’aciérie. Mais ce constat n’est plus valable aujourd’hui. L’industrie luxembourgeoise est une industrie de pointe très innovante. Nous sommes très compétitifs au niveau de l’Europe de l’Ouest. Nous n’avons peut-être pas de machines sophistiquées comme en Allemagne, mais nous sommes compétitifs dans nos secteurs respectifs. Au niveau des start-up, il faut avouer que le Luxembourg n’est pas la Suisse, mais nous sommes largement au-dessus de certaines régions françaises qui se disent performantes dans ce domaine.

Le Luxembourg propose-t-il un bon environnement pour les industriels?

«Oui. Il faut juste savoir s’y prendre. Il existe d’abord un fort support du gouvernement. Ensuite, le Luxembourg se trouve dans une position centrale en Europe, entre la France, l’Allemagne et la Belgique. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous nous sommes installés ici. Pour faire court, nous sommes à une heure de vol de 80% du PIB européen. Il existe cependant une difficulté de taille: trouver les bonnes personnes. Il n’y a pas encore de grandes écoles au Luxembourg et le recrutement est difficile. C’est le seul bémol que je vois. Dans ma société, par exemple, je suis le seul Luxembourgeois. Et encore, je le suis devenu.

L’économie circulaire est-elle une démarche compatible avec vos activités?

«Luxembourg est petit. Tout ce que nous achetons vient d’ailleurs. Tout ce que nous produisons part à l’export. Nous n’avons qu’un seul projet interne avec la déchèterie du Sigre. Donc l’économie circulaire est difficile à appliquer pour nous.»