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Research & technology organisations

Capitale européenne de la recherche



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Le List aurait aimé organiser l’événement à Belval où est sa maison. L’Alvisse Parc Hotel rassemblera le gratin de la recherche européenne. (Photo: Gaël Lesure / archives)

Luxembourg accueille fin avril une première: une conférence commune des deux organisations européennes pour les RTO et la recherche industrielle. Coordonné par le tout frais Luxembourg Institute of Science and Technology, l’événement met en vitrine une série d’atouts du pays, à un moment charnière.

L’appellation research & technology organisation devient incontournable dans le monde de la recherche, qui se trouve un second souffle dans l’alliance de l’académisme et de la matérialisation industrielle, notamment. Les RTO européens ont leur association: Earto. Celle-ci a une demi-sœur, l’European Industrial Research Management Association (Eirma) qui se focalise davantage sur les centres issus des entreprises. Pour la première fois, elles tiendront leur conférence annuelle de concert. Et ce sera à Luxembourg.

Les 28 et 29 avril, Luxembourg, après Dubrovnik et Vienne ces dernières années, sera donc la capitale européenne de la recherche, celle qui s’applique, qui joue la carte des synergies, de l’efficacité et du dynamisme.

C’est la vitrine que souhaite montrer le List (Luxembourg Institute of Science & Technology), né de la fusion des centres de recherche publics, organisateur de l’événement et premier RTO d’un pays qui entend capitaliser sur sa recherche. «Le Luxembourg a une position singulière dans le domaine, observe Marc Lemmer, chief strategy & innovation officer du List. Nous avons la plus jeune université d’Europe, un environnement très dynamique, une volonté manifeste d’investir.» Secteurs public et privé ayant tout à gagner à s’entraider, la logique des États rejoignant celle de l’Union en la matière, le Luxembourg cumulait les atouts. «L’idée d’organiser cet événement d’envergure pour la première fois ici est partie il y a deux ans environ, poursuit le Dr Lemmer. Le processus de fusion des CRP était en cours. On voulait faire connaître et voir émerger la logique des RTO. Nous avons pressenti que 2015, avec la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE, serait un moment charnière.» Confirmé entre-temps par l’avènement de Jean-Claude Juncker à la tête d’une Commission qui entend aussi promouvoir l’investissement.

De fait, le «lobby» européen de la recherche, rôle assumé par l’Earto notamment, entend bien suivre le plan Juncker pour vérifier, par exemple, que les crédits «innovation et recherche», suivant les mécanismes budgétaires, vont bien au bon endroit.

Alors, placer l’événement à Luxembourg revêtait un sens évident. Une sorte d’alignement de planètes favorable qui amène des sujets de réflexion fondamentaux, comme celui des infrastructures de recherche partagées, en tant que vecteur important de l’innovation. Unir, à côté de leurs assemblées respectives, les centres de recherche et les laboratoires industriels, revient un peu à amener le débat direct entre les «fournisseurs» et les «clients».

Pour le List, l’événement tombe aussi à point nommé, comme pour saluer sa première grande sortie de RTO dans le concert étoilé. Et pour saluer, aussi, l’arrivée de son nouveau CEO, l’Irlandais Gabriel Crean, en provenance du CEA Tech en France, qui fut le premier RTO en Europe (avec trois instituts de recherche de classe mondiale en micro-nanotechnologies, en nouvelles technologies pour l’énergie et en technologies de l’information). Tout au plus peut-on presque regretter, au List, de ne pas avoir pu organiser cette première à Belval, près de cette Maison de l’innovation qui est la sienne désormais.

«L’environnement de la recherche a changé et les enjeux sont énormes, détaille Marc Lemmer qui, via l’ex-CRP Tudor, avait déjà un pied dans Earto. La logique de RTO est encore méconnue mais les ponts entre académie et industrie sont là, avec des partenariats public-privé, une accélération de processus de marché, la vitalité des transferts de technologies.» Or, dans une Europe qui cherche à se réindustrialiser mais qui doit investir pour y arriver (cela représente 7% du PIB au Grand-Duché), le projet List a un côté transposable. «Il y a encore des business models différents. Mais industrie et recherche publique créent ensemble des cercles vertueux. On jette un pont au-dessus de la Death Valley!»

Parmi les congressistes (quelque 250 personnes attendues pour les conférences d’envergure internationale), beaucoup d’acteurs luxembourgeois vont découvrir les associations européennes (seules quelques grandes entreprises, comme ArcelorMittal ou Goodyear, sont déjà impliquées dans Eirma). L’heure sera effectivement aux passerelles. Et même les atouts d’un Luxembourg touristique et orienté sur les événements d’ampleur gagneront à se faire connaître dans cette quête.