Le Procureur Biever a dégainé. Il ne tire pas davantage. Mais la passe d'armes continue. (Photo: archives paperJam)

Le Procureur Biever a dégainé. Il ne tire pas davantage. Mais la passe d'armes continue. (Photo: archives paperJam)

Révélation de la vérité ou exercice de communication, le Procureur général Robert Biever avait convié ce jeudi matin la presse, suite à la polémique (le mot est faible puisque cela tourne à affaire d'État) qui l’oppose depuis presqu’une semaine avec le ministre des Finances et ancien ministre de la Justice, Luc Frieden.

«Je constate que plusieurs personnes politiques sont en train de me discréditer», a-t-il déclaré d’emblée. «Il y va de mon honneur, de mes vies privée et professionnelle.»

Juncker au courant, les institutions fonctionnelles

Au fil du point presse, Robert Biever a tenu à récuser les allégations à son encontre concernant des prétendues attitudes pédophiles. Et le Procureur général d'ajouter que le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, était au courant qu’une enquête le concernant sur ce sujet était menée.

Robert Biever est évidemment revenu aussi sur Luc Frieden. «On me reproche que j'attaque gratuitement monsieur Frieden. Ceci est faux!» M. Biever s’est défendu d’avoir révélé le rôle qu’aurait joué l’ancien ministre de la Justice autour de l’enquête relative au «Bommeleeër» . Tout en ajoutant que «malgré quelques problèmes objectifs de l'enquête, les institutions ont fonctionné, même si c'était dans des conditions difficiles. Et si nous n'avons pas réussi à explorer toutes les pistes dans cette affaire, ce n'est pas de la faute de M. Frieden.»

Vers une guerre politique?

Cette intervention, attendue mais au final peu spectaculaire, marque le premier acte d’une journée épique sur le plan juridico-politique. Le deuxième se déroulera dès 14 heures à la Chambre avec un débat parlementaire autour des poseurs de bombes... Cette séance sera marquée par l’intervention de Luc Frieden au sujet d’éventuelles pressions qu’il aurait exercées pour faire étouffer l’enquête en question, alors qu’il était ministre de la Justice (il occupa cette fonction entre 1998 et 2009). M. Biever a levé un coin du voile...

La bombe est aussi politique. Car la discussion sera prolongée par une motion visant à retirer au Gouvernement la confiance des députés, à l’initiative du DP et Déi Gréng. Un test pour mesurer le soutien du LSAP à son partenaire et principale composante du gouvernement, le CSV.

Hasard – cocasse – du calendrier, l’ordre du jour prévoit aussi un débat d’orientation sur l’armée luxembourgeoise. Les passes d’armes sont donc, dans tous les cas, au rendez-vous. Mais la guerre politique aura-t-elle lieu?