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Relations bilatérales

Bolsonaro n’inquiète pas le Luxembourg



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Jair Bolsonaro est situé à l’extrême droite de l’échiquier politique de son pays. (Photo: Shutterstock)

Comme l’a souligné Paperjam, le Brésil veut séduire le Luxembourg. L’élection de Jair Bolsonaro pourrait-elle être un frein au développement des relations économiques entre les deux pays? 

Le Brésil, pays qui pèse lourd sur le plan économique en Amérique du Sud, mais qui est ponctuellement secoué de crises, se cherche donc des partenaires stables et fiables. Comme Paperjam l’a déjà indiqué, le Luxembourg fait partie de ceux-ci. La relation entre les deux pays n’est pas récente. «C’est la sidérurgie qui a été le moteur des premières relations économiques et industrielles entre nous, via des investissements de l’Arbed, puis ArcelorMittal», explique à Paperjam Daniel Da Cruz, chargé de la direction générale de la promotion du commerce extérieur et des investissements au ministère de l’Économie.

«Depuis lors, de nombreuses autres entreprises se sont installées là-bas.» Pour Violaine Mathurin, conseillère aux Affaires internationales à la Chambre de commerce du Luxembourg, en charge des relations avec l’Amérique du Sud, il ne faut pas «oublier que le Brésil est déjà le premier partenaire commercial du Luxembourg en Amérique du Sud. C’est un marché énorme de 200 millions de personnes.» 

De la confiance pour du business

Les Brésiliens ont dès lors multiplié les efforts pour convaincre les Luxembourgeois d’accroître encore leurs investissements chez eux. «Des mesures sont prises au niveau de la simplification administrative. Car, il faut le reconnaître, le Brésil reste un pays compliqué sur ce plan. La présence d’un attaché économique luxembourgeois à l’ambassade de Brasilia doit contribuer à faire évoluer les choses», commente encore Daniel Da Cruz.

Sans oublier qu’un business club existait depuis quelques années déjà à Luxembourg, et que désormais, c’est une véritable Chambre brésilienne du commerce au Luxembourg qui a vu le jour, sous l’impulsion du consul du Brésil. Mais faire du business au Brésil impose un prérequis: la confiance. «Les us et coutumes ne sont pas les mêmes que chez nous», confirme Violaine Mathurin. «Il faut s’y prendre d’une certaine façon, et de fait, qu’une réelle confiance s’installe. C’est notamment pour expliquer cela que nous avons organisé un séminaire à Luxembourg quand l’ambassade a ouvert à Brasilia. Nous voulions bien expliquer comment s’y prendre pour débuter une relation commerciale de manière optimale.»

On espère que le Brésil ne cédera pas à la tentation du protectionnisme.

Violaine Mathurin, conseillère aux Affaires internationales à la Chambre de commerce du Luxembourg

L’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du pays pourrait-elle constituer un frein à ces bonnes relations? L’homme est sulfureux et se situe à l’extrême droite de l’échiquier politique. En Belgique, le roi a d’ores et déjà annoncé le report d’une visite d’État prévue au Brésil en 2020. «Il est encore un peu tôt pour déjà savoir ce que cette élection pourrait entraîner comme réactions», conclut Daniel Da Cruz. «D’autant que le discours entendu depuis qu’il a été élu est assez différent de celui qui était tenu durant la campagne.» De plus, dit-il encore, «tout ne tient pas au seul Brésil. Il y a aussi des évolutions qui se feront via des accords entre l’Union européenne et le Mercosur.»

À la Chambre de commerce, on explique qu’«on ne se positionne pas par rapport à une actualité politique. Des relations commerciales existent, et il y a un potentiel de développement là-bas. Cela ne s’efface pas en un claquement de doigts. Nous espérons juste que le Brésil ne cédera pas à la tentation du protectionnisme.»

Argentine, Uruguay et Chili

Mais le Brésil n’est pas le seul débouché potentiel pour les entreprises luxembourgeoises dans cette partie du monde. En témoigne la mise sur pied par la Chambre de commerce d’une mission vers l’Argentine, l’Uruguay et le Chili au mois de décembre. 23 représentants de 19 sociétés et 8 de 4 institutions feront le déplacement. Sans oublier deux membres des ministères de l’Économie et des Affaires étrangères.

«C’est une mission organisée en régie propre. Malgré le fait que le nouveau gouvernement ne soit pas encore installé, nous continuons à essayer de stimuler le business. Dans le cadre de cette mission, ce sont principalement des sociétés actives dans le domaine de l’audiovisuel – en plein développement en Amérique du Sud – et des sociétés financières qui feront le déplacement.» Avec un double objectif: concrétiser des contrats et démarcher des prospects.