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Parapharmacie

Bientôt des recettes de santé «made in Luxembourg»



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La société originaire d’Allemagne développera désormais ses nouveaux produits depuis son siège luxembourgeois. (Photo: Mike Zenari)

La société d’origine allemande PM-International s’est récemment installée à Schengen et y a transféré son siège social. Le spécialiste des compléments alimentaires et de la cosmétique vient d’y établir son centre de R&D, auparavant en Allemagne. Le groupe est déjà implanté dans 35 pays et se base sur un réseau de vente directe.

En mai dernier, c’est en toute discrétion que la société PM-International, spécialisée dans la cosmétique et les compléments alimentaires, a installé son nouveau quartier général à Schengen. Pourquoi Schengen? Parce qu’elle assure la plus grande proximité avec la France et l’Allemagne et qu’elle jouit d’une réputation internationale. Or, installée quasiment à flanc de coteau sur la «route du vin», cette entreprise de droit luxembourgeois, mais originaire d’Allemagne, n’envisage rien d’autre que de devenir le leader mondial dans la production «premium» de compléments pour le bien-être, la santé et la beauté. «C’est notre plus grande ambition et, dès lors, tous les projets que nous développons sont en ligne avec cette volonté, convient Alexander Plath, public relations manager et membre du comité de direction. Mais bien entendu, il y a encore beaucoup de chemin à faire.»

Créée en 1993 par l’Allemand Rolf Sorg – aujourd’hui citoyen luxembourgeois –, d’abord implantée en Allemagne avant de déménager son siège social à Luxembourg-ville au milieu des années 1990, PM-International a profité de ce récent déménagement pour concentrer ses forces sur le territoire grand-ducal. Depuis le printemps, en effet, son département de recherche et développement est venu de l’ancien siège allemand, situé près de Mannheim, compléter l’équipe basée à Schengen. Une entité de 15 personnes qui travaille en partenariat avec des chercheurs indépendants partout en Europe et des universités.

Frappes chirurgicales

L’innovation, c’est la base du succès des produits de PM-International. «Nous avons axé la plus-value de nos produits sur le transport de nutriments», explique Alexander Plath.

En démarrant sa production à toute petite échelle, Rolf Sorg s’est d’abord focalisé sur les produits cosmétiques. Avant de se rendre compte du pouvoir de certains produits naturels sur la santé. Et, très vite, il a découvert une méthode pour faire en sorte que les nutriments arrivent au niveau des cellules
du corps «au bon endroit et au bon moment». Depuis, toutes les gammes de produits de PM-International, les poudres pour boissons comme les soins pour la peau, sont estampillées NTC pour «Nutrient Transport Concept». Elles doivent atteindre leur but par un meilleur ciblage qui permet notamment, en retour, un dosage plus limité. «Nous ne sommes sans doute pas les plus grands en Europe, mais au niveau technologique, nous sommes certainement les plus avancés», pointe le responsable de PM-International.

La firme détient déjà une vingtaine de brevets et pas mal d’autres secrets de cuisine également logés dans la société luxembourgeoise. Pour peaufiner le portrait par quelques chiffres, notons que la société est présente dans 35 pays, principalement en Europe mais aussi en Amérique du Nord et en Asie, et a réalisé un chiffre d’affaires de 313 millions de dollars en 2014. Elle revendique une croissance annuelle supérieure à 10 % au cours des derniers exercices. Au Japon, elle est actuellement de 300 %. Le siège luxembourgeois héberge 50 personnes – l’administration internationale, les finances, le marketing
et, depuis peu, la R&D. 150 personnes sont aussi employées en Allemagne, la plupart au centre logistique de Speyer et, au total, PM-International compte plus de 400 salariés. L’actionnariat est aussi en grande majorité entre les mains de la famille Sorg. Le fondateur, toujours à la tête de l’entreprise, n’a visiblement aucune envie de voir les spéculateurs tournoyer autour de ses activités et ne veut donc pas entendre parler d’entrée en Bourse.

PM-International a développé deux gammes de produits basées sur le principe NTC. Une ligne de compléments pour la santé au quotidien et pour les sportifs – elle revendique d’ailleurs une liste de plus de 500 athlètes de haut niveau qui lui font confiance –, commercialisée sous la marque FitLine. En cosmétique, elle s’est surtout axée sur les produits pour la peau et rassemble la gamme sous la marque BeautyLine. «En moyenne annuelle, nous vendons 300 millions de produits, calcule Alexander Plath. Et rien que le fait de pouvoir vendre des compléments alimentaires dans plus d’une trentaine de pays, qui ont tous des législations différentes concernant ce type de produits, est un gage de sérieux.»

Pour des soucis de qualité, justement, la firme a jusqu’à présent fait le choix de sous-traiter la production en Allemagne auprès de firmes de standard pharmaceutique. «Nous préférons nous concentrer sur le développement, note encore le responsable. D’ailleurs, même pour un produit déjà commercialisé, nous regardons chaque année comment encore l’améliorer.» PM-International se targue ainsi d’avoir été la première société en Europe à utiliser le stévia, en lieu et place du sucre, une fois qu’il a été légalisé.

150.000 vendeurs

Ceci dit, ne cherchez pas ces produits lors de votre prochain passage en pharmacie, dans une droguerie ou un magasin de sport. Pour leur distribution, l’entreprise a fait le choix de la vente directe. Elle a donc développé un réseau de revendeurs indépendants dans les pays où elle est établie. En tout, ce sont donc quelque 150.000 personnes qui en font la promotion dans des cercles restreints ou des clubs sportifs. «Il s’agit de produits bien particuliers dont il faut pouvoir expliquer les spécificités, argumente Alexander Plath. Les placer dans des rayons et attendre que le client passe n’aurait servi à rien. Il valait mieux agir par recommandations.»

Un tel système permet d’éviter d’injecter des budgets colossaux en publicité. Chez PM-International, le budget marketing est concentré sur le réseau de distribution. Tout passe par lui, même les ventes réalisées via le site internet qui sont renvoyées vers le revendeur local. Mais son porte-parole l’admet, un tel système n’est possible que parce que PM-International ne s’est pas aventurée dans le domaine des compléments alimentaires à usage thérapeutique. Il n’aurait, dans ce cas, pas été possible de les laisser vendre par un réseau de non-professionnels.

Soucieuse de sa réputation, la jeune société assure ses arrières d’un bout à l’autre de la chaîne. Notamment dans le domaine des produits pour sportifs où une grande prudence s’impose par rapport aux risques de dopage. Tous les produits sont donc testés et placés sur la «liste de Cologne», ce qui veut dire qu’ils sont contrôlés par les experts les plus renommés de l’antidopage. Elle a également tenu à faire valider son système de vente directe afin de ne pas prendre le risque d’être assimilée aux réseaux de vente pyramidale qui sévissent dans le secteur.

La légalité de son système de rémunération a été validée en 2011 par la Cour d’appel de Francfort et, en 2013, il a obtenu la garantie d’un organisme de certification allemand.De quoi s’assurer une réputation sans tache, ce qui jusqu’à présent porte ses fruits. En Allemagne, la société vient de recevoir pour la douzième fois consécutive le label de qualité «Top 100» qui signifie qu’elle est considérée parmi les 100 entreprises de taille moyenne les plus innovantes d’Allemagne.