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Il n'y a plus de femme à la Banque centrale

BCL: Betty Fontaine a démissionné



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Betty Fontaine, qui dirige la Brasserie Simon, était entrée au conseil de la BCL en juillet 2012. (Photo: Luc Deflorenne / archives)

Betty Fontaine, l’unique femme du conseil de la Banque centrale du Luxembourg, a démissionné, discrètement, au courant du mois de septembre, de son mandat, sans vouloir en fournir les raisons. Son départ n’a pas encore été remplacé. Le gouvernement, qui doit désigner son remplaçant, n’aura sans doute pas d’autre choix que celui de trouver une autre femme pour lui succéder, au nom de la politique de diversité.

La jeune cheffe d'entreprise Betty Fontaine (Brasserie Simon) a démissionné au courant du mois de septembre, et sans faire de bruit, de son mandat au conseil de la Banque centrale du Luxembourg. Contactée par Paperjam.lu, l’intéressée n’a pas souhaité commenter son départ, à la moitié de son mandat à peine, ni en fournir les raisons. Elle avait été nommée il y a un peu plus de deux ans, à l’âge de 35 ans, sur le «ticket» du CSV, par le ministre des Finances de l’époque, Luc Frieden.

«Je ne veux pas communiquer à ce sujet», a indiqué Betty Fontaine, en réponse aux sollicitations de la rédaction.

Pas d'explication

Selon nos informations, la jeune patronne a fait connaître sa décision au cours du mois de septembre dans deux lettres, l’une adressée au Premier ministre, Xavier Bettel, la seconde au ministre des Finances, Pierre Gramegna. Betty Fontaine n’y aurait d’ailleurs pas indiqué les raisons de ce choix de quitter le conseil, qui comprend neuf membres, trois venant des rangs de la direction de la BCL et six autres nommés par le gouvernement.

Sa désignation en juillet 2012 avait fait sensation. D’abord parce que c’est une femme, jeune de surcroît; ensuite en raison de son appartenance au collectif 5vir12 militant pour un changement de mentalité dans l’entreprise comme au sein de l’administration; et enfin, voire surtout, parce que sa venue apparaissait comme une sorte d’adoubement par le parti chrétien-social en vue de la promotion de la jeune femme, issue de la société civile, sur la scène politique luxembourgeoise. Ce dont Betty Fontaine se défend farouchement en affirmant que la politique active n'est pas et n'a jamais été «sa tasse de thé». 

Son nom avait tout de même circulé, à l’époque, pour la succession de la ministre de la Famille et de l’Intégration Marie-Josée Jacobs, CSV. Betty Fontaine avait décliné l’offre. «Je ne voulais pas faire partie du gouvernement de l'époque ni ne souhaite faire partie d'aucun autre gouvernement», explique-t-elle, en rejetant tout étiquetage politique. «Je n'aime pas voir qu'on m'attribue une casquette de parti politique que je n'ai absolument pas», fait-elle encore savoir.

Une verte?

Reste maintenant à lui trouver un(e) remplaçant(e). A priori une autre femme. Car la BCL ne compte plus qu'un aréopage d'hommes, ce qui fait enrager les organisations féministes et la ministre LSAP de l'Égalité des chances, Lydia Mutsch, qui peine à imposer ses quotas à la tête des administrations et des services de l'État.

Il serait dans la logique des choses que dans la coalition entre le DP, le LSAP et Déi Gréng, ce soit au tour de ces derniers de désigner une des leurs au conseil de la Banque centrale. Pour l’heure, le nom de Betty Fontaine figure toujours sur l’organigramme de la BCL.