PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Crise financière

Banques privées cherchent repreneurs



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Plusieurs banques privées sont à vendre au Luxembourg, dont Invik. (Photo: Fabrizio Maltese/archives)

Alors que Banque Invik est à vendre au Luxembourg, le dossier de la cession de KBL est toujours en suspens. Dexia souhaite céder 20 milliards d’actifs supplémentaires. Les acheteurs ne se bousculent pas.

Si la chinoise ICBC avait regonflé le moral des troupes au début de l’année en annonçant l’implantation de son quartier général européen au Luxembourg, la fermeture de la brésilienne Itaú, qui préfère se concentrer sur la Suisse, envoie un mauvais signal sur l’attractivité de la place financière.

Dans ce contexte, la cession des activités de gestion de patrimoine devrait devenir plus compliquée. D’autant plus que les dossiers s’empilent et que les acheteurs se font rares, alors même que le secret bancaire est remis en cause et que la fiscalité se durcit.

Pas de repreneur

Ce lundi, c’est la vente de la branche private banking de Invik qui fait parler d’elle. Fondé en 1989, cet établissement luxembourgeois détenu par des capitaux suédois emploie 120 personnes environ et est également présent dans le secteur des cartes de crédit au Grand-Duché. Malgré un processus de vente engagé en mars dernier, aucun acquéreur n’aurait encore été identifié.

Rien de vraiment étonnant quand on sait que les banques allemandes sont sur le départ et que KBC a engagé la cession de sa filiale KBL European Private Bankers dès 2009 sans aboutir davantage.

A la mi-septembre, le Wall Street Journal avait avancé plusieurs noms comme candidats potentiels au rachat de la banque du boulevard Royal, dont celui de Wells Fargo. Aucune confirmation n’a été donnée depuis, et surtout pas de la part de la maison mère belge qui préfère garder le silence.

Offres décevantes

Il se murmure néanmoins que les propositions parvenues jusqu’à présent à KBC seraient un peu opportunistes et très inférieures au montant de 1,35 milliard d’euros mis sur la table par l’indien Hinduja avant d’être mis hors-jeu par la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier). Elles avoisineraient plutôt la moitié de cette somme pour refléter l’aggravation de la crise de la dette et le krach boursier de l'été.

En 2009, KBL avait pourtant été estimée entre 1,5 et 2 milliards d’euros.

Pour ne rien arranger, Les Echos ont indiqué ce lundi que Dexia souhaiterait céder des actifs supplémentaires pour 20 milliards d’euros afin de réduire ses besoins de refinancement. Dexia BIL échappera-t-elle totalement à ce nouveau programme?

Or, alors que les offres de vente se multiplient, les acheteurs se font rares.

Les banques françaises, à qui certains prêtaient des appétits avant l’été, ont toutes subi les foudres des investisseurs ces derniers mois. Leurs cours de Bourse ont reculé d’environ 50% en quelques semaines. On leur reproche leur exposition aux dettes des pays périphériques de la zone euro et l’insuffisance de leurs fonds propres.

Bâle III

La semaine dernière, Moody’s a déclassé la note de crédit de Wells Fargo, au même titre que celle de Bank of America ou Citigroup. L’agence de notation souligne le risque que le gouvernement américain n’apporte pas un soutien aussi ferme qu’en 2008 à ces établissements s’ils devaient traverser de nouvelles difficultés.

Et pour couronner le tout, l’application des nouvelles règles de solvabilité bancaire (Bâle III) devrait inciter les établissements de crédit à augmenter leurs fonds propres ou à réduire leurs activités à risque dans les années qui viennent.

Bref, le moment semble mal choisi pour vendre une banque, alors que certaines, comme KBC, y sont contraintes, en raison des engagements pris auprès de la Commission européenne.