POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Série de conférences sur le rôle du juge

«Au Luxembourg, le magistrat incarne l’esprit national»



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Le magistrat joue un rôle particulier au Luxembourg, selon les conférences organisées par la Conférence Saint-Yves. (Photo: Maison moderne / archives)

L’Association des juristes catholiques clôt ce jeudi une série de quatre conférences avec une intervention de Jean-Claude Wiwinius, président de la Cour supérieure de justice et de la Cour constitutionnelle.

Constituée en 1916, la plus ancienne association de juristes du Grand-Duché réunit aujourd’hui une cinquantaine de membres de tous les corps du milieu judiciaire, juristes, avocats ou magistrats. Elle organise chaque année une série de conférences à thème. «L’an dernier, les conférences portaient sur la question de la dette», indique William Simpson, président de l’association. «Nous essayons d’alterner les thèmes très juridiques et ceux qui le sont moins.» La Conférence Saint-Yves a notamment coorganisé, avec celle du Jeune Barreau, la récente conférence sur le chantier constitutionnel avec le respecté baron Francis Delpérée, éminent constitutionnaliste belge. D’autres conférences renvoient au caractère confessionnel de l’association et offrent une analyse juridique de textes religieux comme les encycliques papales.

Au programme en 2016-2017: le rôle et la figure du juge. «Beaucoup d’enjeux apparaissent en ce moment autour du magistrat», souligne William Simpson. «La conférence de Francis Delaporte, président de la Cour administrative, était très intéressante. Il a expliqué comment un juge va résoudre un nœud juridique auquel il est confronté, comment il rédige son arrêt. C’est fascinant de comprendre comment il démêle un problème inextricable.»

Le magistrat incarne ici l’autorité.

William Simpson, président de la Conférence Saint-Yves

Autre intervenant: le procureur général d’État honoraire Robert Biever, qui a «pris de la hauteur, évoqué le rôle du magistrat dans la société, ce qui a changé, et notamment vis-à-vis de la communication. Il a raconté que son père, lui-même magistrat, était parti presque en courant et très énervé la première fois qu’un journaliste a voulu le prendre en photo, disant «je ne suis pas une vedette»…

Il faut dire que le juge joue un rôle particulier au Luxembourg «par rapport à la France ou au Royaume-Uni», concède William Simpson. «Le magistrat incarne ici l’autorité, l’esprit national, il se sent dépositaire de quelque chose.»

Le premier intervenant était Sir Michael Tugendhat, juge à la Haute Cour d’Angleterre et de Galles, et le dernier, invité lors du banquet annuel de l’association, sera le non moins éminent président de la Cour de justice de l’UE, Koen Lenaerts. Il succédera au président de la Banque du Vatican, à Dean Spielmann, alors président de la Cour européenne des droits de l’Homme, ou encore Pascal Lamy (OMC).

Le futur Conseil national de la justice à l’horizon

Jeudi soir, c’est Jean-Claude Wiwinius, président de la Cour supérieure de justice et de la Cour constitutionnelle, qui s’exprimera au Centre Jean XXIII, à deux pas de la Cour administrative. «Il évoquera la question de la transparence de la justice et de la communication», précise William Simpson, des thèmes qui lui sont chers, comme il l’avait indiqué à Paperjam lors de sa première interview après son entrée en fonction l’été dernier. L’occasion pour le plus haut magistrat de livrer sa vision du Conseil national de la justice, la future instance devant pourvoir à la nomination et à la gestion de la carrière des magistrats, et dotée d’autres missions dont celle d’intermédiaire entre les justiciables et l’Administration judiciaire. Le tout dans le contexte d’une transparence et surtout d’une indépendance accrues de la justice.