ENTREPRISES & STRATÉGIES

Biomédecine

Atera produira des tissus humains depuis Esch



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Atera produira des échantillons de peau humaine pour éviter les tests sur les animaux. (Photo: Wikipedia)

Tout récemment constituée au Luxembourg, Atera entend devenir rapidement un spécialiste mondial du développement et de la production de tissus humains 3D. Ses fondateurs belges se disent séduits par les infrastructures et le niveau de la R&D au Grand-Duché.

C’est un pas important dans la création d’un secteur de biomédecine au Luxembourg, un des axes stratégiques pour le futur du pays. Depuis la mi-juillet, la House of Biohealth d’Esch-sur-Alzette abrite Atera, une nouvelle société de droit luxembourgeois fondée par deux Belges, Bart De Wever – pas le politicien anversois! – et Jacques Putseys.

Dans ses nouveaux locaux, Atera (un acronyme pour «Advanced Tissue Engineering for Research Applications») se donnera pour mission de développer, produire et commercialiser des tissus humains en 3D, reconstitués au départ de cellules humaines récoltées par biopsie.

L’enjeu est de pouvoir proposer, à l’industrie cosmétique principalement, des échantillons de peau humaine ou de cornée produits dans des conditions de laboratoire afin d’éviter les tests sur des animaux, d’ailleurs interdits au sein de l’Union européenne depuis une directive de 2013.

Cinq acteurs au monde

«C’est un secteur très particulier, nous ne sommes que cinq acteurs au niveau mondial», explique Bart De Wever, docteur en sciences médicales et spécialiste reconnu de la production de tissus humains. La jeune société sera basée au Luxembourg, mais compte créer une filiale aux États-Unis dès l’automne 2016 avant de poursuivre le développement vers le continent américain et l’Asie. «La demande mondiale pour ces matières est énorme», poursuit le CEO d’Atera.

Si Atera a décidé de s’implanter au Luxembourg, alors que ses fondateurs sont tous deux résidents monégasques, c’est, admet De Wever, pour les infrastructures existantes et les instituts de recherche développés en collaboration avec l’université. «J’ai été étonné de voir de la recherche aussi spécialisée dans les modèles tissulaires au Luxembourg», pointe-t-il.

J'ai été étonné de voir de la recherche aussi développée dans les modèles tissulaires au Luxembourg.

Bart De Wever, CEO et cofondateur d'Atera

La société a d’ailleurs déjà initié des contacts avec des instituts tels que le Luxembourg Centre for Systemic Biology (LCSB), l’Integrated BioBank of Luxembourg (IBBL) et le List (Luxembourg Institute of Science and Technology) pour développer des partenariats. Mais elle entend également, à terme, disposer de ses propres labos dans la House of Biohealth.

C’est que, outre de la production de masse pour l’industrie cosmétique, chimique et pharmaceutique, Atera veut aussi développer de nouveaux modèles tissulaires. «Nous voulons notamment créer des tissus beaucoup plus complexes qui reproduiraient ceux des intestins ou du cerveau pour pouvoir développer de nouveaux médicaments dans des traitements contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson notamment», explique Bart De Wever.

En Bourse dans trois ans

La jeune pousse a engagé son premier salarié la semaine dernière. Elle espère rapidement pouvoir constituer une équipe entre 5 et 10 personnes, dont plusieurs chercheurs de haut niveau.

Au niveau financier, elle dispose d’un capital de départ de 800.000 euros. Au terme du premier exercice, elle pense pouvoir réaliser un chiffre d’affaires de 700.000 euros qui, selon son plan d’affaires, devrait grimper à plus de six millions après trois ans.

Atera pense d’ailleurs déjà à une entrée en Bourse à l’horizon 2018, ce qui devrait être facilité par l’expérience de son cofondateur et CFO Jacques Putseys, cofondateur et CEO du Nasdaq Europe entre 1995 et 2000.