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Le nucléaire, pile et face

Arte diffuse deux coproductions luxembourgeoises



Ce soir, Arte consacre sa soirée à l’énergie atomique. Deux coproductions luxembourgeoises – «Thorium, la face gâchée du nucléaire», suivie de «La Supplication» – seront ainsi diffusées, dès 20h55, sur la chaîne franco-allemande.

Il y a plus de 30 ans, le 26 avril 1986, survient l’accident de Tchernobyl en Ukraine. Classé niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires, l’événement marquera les esprits – et les corps – de plusieurs générations. Mais le nucléaire serait-il irrémédiablement à fuir? La chaîne propose deux reportages – côté pile et côté face – d’une énergie qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Un autre nucléaire

Une énergie nucléaire «verte», sans danger et sans déchets, telle est la promesse des partisans du thorium. Découvert en 1928 sur la petite île de Løvøya en Norvège, ce combustible alternatif représenterait une piste sérieuse pour échapper aux dangers – mais aussi à la pollution – liés à l’utilisation du plutonium par l’industrie atomique. Le premier documentaire de la soirée qu’Arte consacre à l’énergie atomique – baptisée «Thorium, la face gâchée du nucléaire» – revient ainsi sur l’histoire de cette énergie fossile.

Le documentaire présente alors – de manière partisane mais documentée – la piste de l’exploitation de cette ressource. La réalisatrice, Myriam Tonelotto, s’intéresse notamment aux travaux du physicien américain Alvin Weinberg. Après avoir contribué à la fabrication de la bombe atomique, l’expert a souhaité travailler sur une utilisation civile et pacifique de l’atome. Mais les intérêts liés aux lobbies de l’énergie et de la défense en ont visiblement décidé autrement.

Aujourd’hui pourtant, l’idée d’un recours à des combustibles nucléaires liquides et à des réacteurs à sels fondus refait surface. L’Inde l’exploite, la Chine étudie activement depuis 2011 les réacteurs à sels fondus au thorium, et des start-up aux États-Unis et au Canada reprennent les travaux.

Le thorium serait-il donc une alternative à regarder de plus près? Car l’histoire a bien montré, en 1986 à Tchernobyl et en 2011 à Fukushima, que le nucléaire n’est pas un sujet à prendre à la légère.

De l’horreur aux témoignages

En deuxième partie de soirée, Arte diffusera une transposition poignante de «La Supplication», tirée du livre de l’écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015. Le documentaire fait ainsi résonner des voix plurielles offrant aux spectateurs une bouleversante méditation sur un événement qui a marqué à vie plusieurs générations.

Le cinéaste luxembourgeois Pol Cruchten souligne quant à lui la beauté des mots, dans des décors urbains et bucoliques entourant la centrale à l’arrêt. Et la paix intemporelle de ses images tend, à la fois, à adoucir et amplifier la douleur des récits.