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Chambre des métiers

Appel pour une politique européenne des PME



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Malgré un certain nombre d'entraves à lever, les PME luxembourgeoises de l'artisanat réalisent 20% de leur chiffre d'affaires au-delà des frontières du pays. (Photo: Olivier Minaire / archives)

La Chambre des métiers considère que trop d’obstacles entravent encore la réalisation d’un véritable marché intérieur de l’artisanat, pourtant bénéfique aux activités des entreprises. Elle lance dans ce sens un appel à la Commission européenne et à la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE.

Plus d’une entreprise étrangère concurrente pour une entreprise artisanale luxembourgeoise. Tel est le constat effectué par la Chambre des métiers, pour qui le marché intérieur est bien une réalité puisque les PME artisanales, qui cherchent à obtenir toujours plus de parts de marché dans la Grande Région, y réalisent actuellement 20% de leur chiffre d’affaires, selon une enquête effectuée le mois dernier.

Une politique PME horizontale

Cependant, ces entreprises rencontrent toujours des obstacles lorsqu’elles souhaitent passer les frontières du pays, obstacles qui ont trait au détachement de travailleurs, à l’accomplissement de formalités, d’accès à des marchés publics ou encore de certification par rapport à des normes techniques nationales.

Pour lever ces difficultés, la Chambre des métiers plaide pour la mise en œuvre d’une politique PME «horizontale» en Europe, s’associant aux revendications de l’Union européenne de l’artisanat et des PME (UEAPME) et du Conseil interrégional des chambres des métiers de la Grande Région (CICM).

Juger de l’impact futur des mesures

Selon elle, il est «essentiel» que la Commission européenne fasse une priorité de la politique des PME et du «Small Business Act», tout comme elle estime que le principe du «Think Small First» devrait guider les institutions européennes et les États membres dans la mise en place de nouvelles politiques et mesures législatives.

Pour la Chambre des métiers, rendre l’approche PME encore plus visible en Europe, en jugeant notamment de l’impact futur de certaines mesures sur les PME par des «tests PME obligatoires» devrait offrir aux chefs d’entreprise la garantie que les mesures discutées tiennent bien compte de leurs besoins.

Cinq priorités

Elle plaide également pour la mise en place d’un véritable plan d’action européen basé sur cinq priorités que sont l’accès favorisé aux marchés transfrontaliers, le soutien renforcé à l’esprit d’entreprise, une réduction plus importante des charges administratives, un meilleur accès au financement et «le durcissement du combat contre le problème du manque de main-d’œuvre qualifiée».

Saluant d’autre part le programme «ambitieux» de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne qui a promis de se pencher sur la politique des PME, la Chambre des métiers insiste auprès d’elle pour la mise en place de mesures efficaces permettant l’élimination des entraves au marché intérieur et garantissant un meilleur accès au marché des biens par une application «circonstanciée» du principe de reconnaissance mutuelle.

Mais elle s’oppose à ce que la Commission fasse des propositions qui favoriseraient une catégorie précise d’entreprises actives sur les marchés transfrontaliers – notamment les start-up –, considérant que toutes les entreprises doivent être traitées sur un même pied d’égalité.