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Conseil de gouvernement

Anticiper le Brexit autant que possible



Le gouvernement, réuni en conseil vendredi, a fait le point sur le dossier du Brexit et ses implications au Luxembourg. La priorité est mise sur les citoyens, indique le ministre des Affaires étrangères. Des éléments d’information viennent d’être mis en ligne.

«Deal» ou «no deal»? Il reste difficile d’anticiper le Brexit et ses conséquences tant qu’un accord n’a pas été trouvé... pour autant qu’un accord soit trouvé. Comme le faisait remarquer le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn (LSAP), le temps joue un rôle important dans un dossier qui a nécessité plus de deux ans de négociations pour aboutir à un accord, finalement rejeté mardi par les députés britanniques

«Le résultat du vote n’est pas celui que nous aurions voulu, de même que celui du référendum. Nous devons le respecter. Mais personne ne sortira gagnant du Brexit», déclarait le Premier ministre, Xavier Bettel (DP).

Bettel et Asselborn tenaient un point presse commun vendredi après-midi, après s’être réunis avec leurs collègues en conseil de gouvernement.

Priorité aux citoyens

Pour l’exécutif, un Brexit sans deal serait la pire des solutions. Mais il faut faire de ce scénario catastrophe une hypothèse sérieuse à mesure que la date de l’entrée en vigueur du Brexit approche: le 29 mars.

Sans avoir la certitude que des règles seront approuvées par le Royaume-Uni et l’Union européenne, le gouvernement luxembourgeois veut agir en priorité pour sauvegarder les droits des citoyens: 6.000 Britanniques au Luxembourg, 2.000 Luxembourgeois au Royaume-Uni, selon les chiffres avancés vendredi.

En cas de «no deal», le gouvernement devra légiférer pour que les Britanniques ne séjournent pas de façon illégale dès le 30 mars. «Nous sommes arrivés à la conclusion que les gens (les citoyens britanniques au Luxembourg, ndlr) auraient un an pour obtenir un titre de séjour», indique Jean Asselborn.

Et de rappeler que, sans accord, les citoyens tomberont sous le régime des pays tiers, sans bénéficier du transfert d’allocations familiales, par exemple. Le ministre des Affaires étrangères mentionne en outre des points d’attention qu’il faudra régler: le statut des enseignants britanniques exerçant au Luxembourg, les professionnels de médecine faisant de même, ainsi que les relations entre places financières.

Des outils en ligne 

Ce difficile travail d’anticipation n’est toutefois pas récent pour le gouvernement qui, comme Paperjam l’annonçait jeudi, a dédié des réunions du Comité interministériel de coordination de la politique européenne (CICPE) au Brexit.

«Le représentant permanent du Luxembourg auprès de l’UE et/ou des membres de son équipe assiste également à ces réunions, ce qui permet d’assurer un bon échange d’informations entre les développements à Bruxelles et au Luxembourg», précise le gouvernement dans un communiqué paru vendredi après-midi. «Par ailleurs, des réunions ont lieu avec les services de la Commission européenne pour clarifier des questions d’intérêt particulier pour le Luxembourg.»

Et pour tenter d’y voir aussi clair que possible, le gouvernement a mis en ligne un dossier d’information pour répondre aux questions des ressortissants britanniques résidant au Luxembourg, ainsi que des ressortissants luxembourgeois au Royaume-Uni.

Une foire aux questions (FAQ) dédiée est disponible sur le site Guichet.lu.