POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Andersen et le Wireless



Paperjam

1 - Quelle est la politique de votre entreprise dans le domaine "Wireless"? Engagée, réservée, progressive... ? Quelles sont vos options stratégiques?

"La situation dans laquelle se trouve l'industrie de la télécommunication mobile est historiquement unique: des sommes colossales sont englouties pour supporter le déploiement de services dont tout le monde ignore encore la nature précise. Les visionnaires se pressent au portillon, les uns pour prédire la manne céleste, les autres pour anticiper une catastrophe économique sans précédent.

Face à cet état de fait, nous pensons que les opérateurs qui tireront le plus de bénéfices de ces nouvelles technologies sont ceux qui adoptent la stratégie de l'innovation des services, tout en limitant les risques liés aux investissements d'infrastructure. Le principe de cette stratégie consiste à conclure aujourd'hui une série de partenariats et de ?Joint Ventures? avec les futurs maillons incontournables de l'internet mobile (acteurs majeurs du contenu, des jeux, du paiement, ...) afin d'assurer la présence de l'opérateur dans toutes les applications qui s'avéreront rémunératrices. En revanche, les investissements en infrastructures (UMTS principalement) doivent être limités. Ces investissements comportent un degré de risque important, alors que la voie de l'achat de capacité à d'autres opérateurs sera certainement ouverte."

2 - Chronologiquement parlant, quel(s) type(s) d'entreprise(s) (fournisseurs de contenus, opérateurs téléphoniques, prestataires techniques...) profetira(ont) la (les) premiere(s) du développement des solutions Wireless? Et à terme?

"Les premières entreprises à profiter des futures solutions sans fils sont les développeurs et intégrateurs de logiciels. Les fournisseurs de contenu retireront ensuite le bénéfice de ces nouvelles technologies, en encourageant un plus grand nombre d'accès à leur contenu. D'une manière plus globale, les entreprises qui réussiront à devenir pour le consommateur final le point d'entrée de l'internet mobile (en redirigeant le client vers l'ensemble des applications qui lui sont utiles) retireront le plus de bénéfices de ces technologies. Ces entreprises détiendront la relation client et deviendront les canaux de distribution de la consommation de services mobiles. Bien que les opérateurs mobiles se trouvent en position privilégiée pour jouer ce rôle, la plupart d'entre eux doivent modifier en profondeur leur culture et leur manière d'opérer pour jouer ce rôle nouveau. En revanche, les grands acteurs du secteur des services financiers, de l'internet voire de la grande distribution pourraient lancer des bouquets de services mobiles sur infrastructures de tiers et maîtriser plus encore leur relation client ."

3 - Qui dit Haut-Débit dit nouveaux contenus. Quand pensez-vous que du contenu adapté au Haut-Débit Wireless sera disponible?

"Le réel besoin de haut débit sur les réseaux mobiles est discutable. Six ans ont été nécessaires à l'industrie pour se rendre compte du potentiel à retirer du SMS, service élémentaire au débit dérisoire. L'immense majorité des services mobiles auxquels nous pouvons penser (e-mail, information, navigation, réservation, paiements, ...) ne nécessitent pas de débit plus important que celui d'une connexion internet fixe PSTN. Les deux exceptions majeures à cette règle sont la vidéo et le téléchargement de fichiers.

L'émergence de contenus haut débit spécifiques au contexte mobile n'est pas prévue avant fin 2005. Les opérateurs mobiles, les logiciels de gestion des contenus, les outils de marketing interactif personnalisables  ne seront pas prêts avant cette date."

 

4 - Avec le temps, les premiers retours d'expérience apparaissent dans le monde du Wireless. Quelles sont les success stories et / ou business cases Wireless qui vous ont le plus marqué?

"Un service qui me plaît particulièrement est celui développé par Telia, et consistant à offrir aux consommateurs un service de ?jeu de piste?. Grâce à la localisation de l'utilisateur, l'opérateur peut envoyer sur le téléphone mobile du joueur un ensemble de message ou énigmes en fonction de l'endroit où se trouve l'utilisateur. La majeure partie de la population est prête à payer 200 Bef pour une place de cinéma. L'opérateur devrait être capable de facturer ce service à un niveau similaire, générant pour lui des marges substantielles. Une fois de plus, on observe que la valeur ne se situe pas dans la connexion, mais bien dans le service. Je pense que, à l'image du service I-Mod, le jeu sera une composante majeure des applications non professionnelles mobiles."

5 - Avec la mobilité, les accessoires pouvant être utilisés se mutliplient. De l'ordinateur portable au PDA, du livre interactif au téléphone mobile... Y'aura-t-il un terminal privilégié par rapport aux autres, ou pensez-vous plutôt que les usages seront éclatés?

"Nous pensons que l'intégration se réalisera au niveau d'un outil de poche unique, intégrant des fonctionnalités de téléphone, PDAs, mais également de carte d'identité, contrôle d'accès, ... L'intégration de l'ordinateur portable dans ce même outil pose de réelles questions d'ergonomie. Il est probable que l'ordinateur personnel poursuive son développement en parallèle, quand bien même il intégrera une interface vers l'outil de communication de poche universel."

6 - Capitaux-Risqueurs, Opérateurs, Fournisseurs de contenus... Autant de secteurs concernés par le sans fil. Tous s'intéressent-ils au même rythme au Wireless, ou certains sont-ils selon vous à la traine?

"En général, les différents acteurs de la création des nouveaux marchés de services basés sur les technologies de l'information sont quelque peu refroidi par la douche froide reçue de la part des marchés financiers au cours des derniers mois.

La propension des acteurs à développer le secteur des services data mobiles dépend moins de leur appartenance à un secteur donné que de l'enjeu commercial que représente le développement possible de ce marché par rapport au développement de marchés alternatifs (Internet à haut débit / télévision interactive). Il convient de constater que seuls les opérateurs de réseaux sont aujourd'hui vraiment intéressés au développement des nouvelles technologies et cela moins pour la création de services innovants que pour l'amélioration de la qualité de service qui, il faut bien le dire, souffre de la saturation des infrastructures.

Chez Andersen, nous pensons que le développement massif du wireless data se produira en 2004 au plutôt et qu'il s'appuyera sur la demande d'automatisation des processus ?outside the four walls? des entreprises les plus innovantes et sur le déploiement de services virtuels mobiles pan européens lancés par des grands noms de la distribution, du loisir ou du contenu."