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Alliance spatiale entre la Belgique et le Luxembourg



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L’accord entre les deux gouvernements a été signé ce mercredi. (Photo: DR)

Le Luxembourg dispose d’un nouvel allié dans le domaine de l’exploration minière spatiale: la Belgique. Un accord scellant cette alliance a été signé ce mercredi.

Comme le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders l’a annoncé lors de la Conférence spatiale européenne, un accord a été signé entre la Belgique et le Luxembourg ce mercredi à Bruxelles dans le cadre de l’exploration minière spatiale. Ce qui scelle la volonté des deux pays de «travailler ensemble, avec des partenaires européens, à l’élaboration d’un cadre international de l’exploration minière spatiale».

La lune et les astéroïdes proches

«Du fait, notamment, des développements technologiques et de l’arrivée de nouveaux acteurs, l’utilisation et l’exploitation des ressources spatiales font l’objet d’un intérêt politique et commercial grandissant», expliquent les nouveaux partenaires.

«L’exploitation des ressources spatiales devrait concerner, dans un premier temps, la lune et les astéroïdes proches de la Terre. Ces corps célestes contiennent de nombreuses ressources susceptibles de faire l’objet d’une exploitation, comme l’eau, l’aluminium, le cobalt, le fer et le manganèse. L’eau est particulièrement intéressante, puisqu’elle peut être directement utilisée par l’Homme, mais également comme carburant pour de futures missions spatiales.»

Ce rapprochement est finalement logique. Le Luxembourg a en effet été précurseur dans ce domaine, faisant de l’exploitation des ressources de l’espace une source de diversification économique. Le programme Spaceresources.lu a été notamment constitué dans ce but.

Tandis qu’en 2017, un cadre légal luxembourgeois a été instauré pour réguler l’utilisation des ressources de l’espace, qui, selon une étude commandée à PwC, pourrait générer un chiffre d’affaires oscillant entre 73 et 170 milliards de dollars d’ici à 2045, et créer de 845.000 à 1,8 million d’emplois.

Des partenariats ont été soutenus avec le secteur privé, par exemple entre le Luxembourg Institute of Science and Technology (List) et Ispace, mais aussi avec d’autres pays, comme la Pologne ou les Émirats.

Un savoir-faire belge reconnu

En Belgique, l’industrie spatiale s’est fortement développée au cours des dernières années. Le savoir-faire de nombreuses entreprises, comme Newtec, Thales Alenia Space Belgium, QinetiQ Space nv, Sabca, Safran, Spacebel, Trasys, RHEA ou Vitrociset, est reconnu au niveau mondial.

Et c’est à Redu, pas très loin du Luxembourg, que se situe l’European Space Security and Education Centre, une implantation de l’Agence spatiale européenne, notamment spécialisée en cybersécurité spatiale. Ce centre est un maillon important du projet Galileo, le futur GPS européen.

Il est géré par Redu Space Services, un consortium dans lequel on retrouve l’opérateur satellitaire luxembourgeois SES. C’est sur ce même parc industriel unique en son genre et dédié au spatial, baptisé Galaxia, qu’a été implanté le centre logistique du projet Galileo.

Au sein des Nations unies, la Belgique a adhéré aux cinq traités de l’espace, dont l’accord de 1979 sur les activités des États sur la lune et les autres corps célestes.

Reynders et Schneider ravis

Didier Reynders, vice-Premier ministre belge, a souligné que «l’économie spatiale se développe rapidement, et il est important de commencer dès maintenant à travailler à des règles internationales qui permettront de réaliser pleinement et de manière ordonnée l’énorme potentiel qu’offre ce secteur. En raison de notre soutien fort au multilatéralisme, nous sommes en faveur d’une approche qui réconcilie les droits individuels avec l’intérêt collectif de l’humanité. Nous sommes heureux de pouvoir nous lancer dans cette entreprise avec le Luxembourg.» 

De son côté, Étienne Schneider, vice-Premier ministre luxembourgeois, a déclaré être heureux «de la collaboration renforcée entre la Belgique et le Luxembourg, qui nous permettra d’identifier et de discuter nos intérêts communs dans l’exploration et l’utilisation des ressources spatiales. Après la Chine, le Japon, les Émirats arabes unis, la République tchèque, le Portugal et la Pologne, notre pays voisin, la Belgique, est le septième pays avec lequel le Luxembourg coopérera dans le secteur des ressources spatiales. Le Grand-Duché est fermement résolu à soutenir la compétitivité de l’industrie spatiale commerciale en Europe. Ensemble avec nos partenaires, nous développons davantage les connaissances et compétences y afférentes, tout en encourageant les investissements, notamment du secteur privé, afin de développer et d’implémenter des solutions technologiques, opérationnelles et financières.»