COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Trois questions à RTL

Alain Rousseau: «C'est un sondage national»



Alain Rousseau (RTL): «Il y aurait peut-être des questions à se poser...» (Photo: RTL)

Alain Rousseau (RTL): «Il y aurait peut-être des questions à se poser...» (Photo: RTL)

Le Parquet de Luxembourg vient d’ouvrir une enquête suite à la publication du sondage Politmonitor par RTL et le Luxemburger Wort. La loi du 18 février 2003 prévoit en effet que pendant le mois qui précéde des élections, la diffusion et le commentaire de sondages d’opinion sont interdits. Or, les élections communales ont lieu le 9 octobre. Explications avec Alain Rousseau, rédacteur en chef de RTL Télé Lëtzebuerg.

Monsieur Rousseau, pouvez-vous nous rappeler les faits et en quoi consiste ce Politmonitor?

«Il y a deux ans environ, RTL, le Luxemburger Wort et TNS Ilres ont décidé de faire un grand sondage politique deux fois par an, une fois à la rentrée et une fois au printemps. Nous avons décidé d’unir nos efforts pour réaliser quelque chose de représentatif, de cohérent et de précis, sur le modèle des grands sondages réalisés notamment en France. Il s’agit de la troisième édition de ce sondage, qui est devenu très vite une institution.

Il s’agit bien d’un sondage national qui n’a pas d’impact sur le scrutin communal. Les gens sont invités à juger de la qualité du travail du gouvernement (Premier ministre, ministres) et de personnes importantes de la vie économique et publique (présidents de partis politiques, présidents de groupes parlementaires…). Nous posons aussi des questions sur les grands patrons des entreprises et des syndicats. Aujourd’hui, le Parquet ouvre simplement une enquête préliminaire pour vérifier. Qu’il le fasse, mais pour nous les choses sont claires.

Vous êtes-vous tout de même posé la question de la légalité de la publication de ce sondage, trois semaines avant les élections communales?

«Tout à fait. Quand nous avons préparé cette troisième édition, notre première question a été de se demander si nous étions bien conformes à la loi. Etant donné qu’il s’agit d’un sondage national, pour nous les choses étaient tout à fait claires. On ne parle absolument pas d’un candidat aux élections communales. C’est important, car tout le pays est sondé, pas une commune en particulier. Nous profitons aussi de ce sondage pour poser des questions sur l’actualité. Nous avons par exemple diffusé hier soir (ce mardi soir, ndlr.) sur nos sites Internet respectifs, toute la partie concernant la perception de la situation économique du pays. D’ailleurs, un troisième volet concerne les élections communales à proprement parler. Pour respecter la loi, nous ne nous servirons de cette partie que quand les bureaux de votes seront fermés le 9 octobre dans le cadre d’une émission spéciale.

Estimez-vous, malgré tout, que cette loi n’est plus adaptée ?

«Il y aurait peut-être des questions à se poser compte tenu d’un certain nombre d’évolutions dans les médias et Internet. Mais nous n’avons absolument pas agi pour déclencher une révision de cette loi. Pour nous, les choses étaient claires dès le départ, même si elles ne le sont pas pour tout le monde.»