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Séverine Schwander (SD Worx)  (Photo : Olivier Minaire)

Le burn out peut toucher tout le monde. Il est cependant possible de limiter les risques en observant et en analysant les situations des collaborateurs soumis à un stress important.

Trop de travail, trop de stress… la plainte est souvent entendue, ce qui ne veut pas pour autant dire qu’elle n’est pas réelle. Avec une situation économique tendue, la pression sur les équipes s’est encore renforcée. Pour Séverine Schwander, Senior HR Consultant chez SD Worx, il faut cependant bien distinguer deux situations : l’épuisement professionnel et le burn out : « Le second est la conséquence du premier. Autrement dit, l’épuisement professionnel, c’est une baisse de l’efficacité, une fatigue. Elle s’accumule jusqu’au moment de l’explosion. Le burn out est ce moment de crise, lorsque tout lâche. Chez certains, cela peut être une crise cardiaque, ou une erreur grossière et très grave. »

Face au stress, tous les individus sont inégaux. À chacun sa manière d’y réagir. Il peut être intéressant pour les entreprises de réagir de manière pertinente… en prévenant l’accident. L’utilisation d’outils tels que DISC, qui permet de comprendre et d’analyser les personnalités des individus, peut servir à mesurer et prévenir certains risques. « Chacun a un style naturel, qui est sous-jacent, et qui – sauf accident de la vie particulièrement grave – ne change pas à travers le temps. Il y a ensuite ce que j’appelle le style caméléon. C’est le style que nous adoptons en fonction de notre environnement. » Ce qui, bien entendu, est souhaitable et le moins dangereux pour l’individu est de se retrouver dans une situation où il peut faire coïncider ces deux styles de la manière la plus parfaite possible.

Séverine Schwander ajoute à ces styles de comportements une analyse des valeurs de l’individu, qui permet de compléter sa vision : « Il peut y avoir des différences particulièrement importantes entre les valeurs de l’individu et celles de l’entreprise. Avec la crise, et les changements que l’économie a connus ces dernières années, certains ne se reconnaissent plus dans leur employeur… Les valeurs ont évolué. Et au Luxembourg, les petites structures, même les filiales de groupes étrangers, ont souvent fonctionné sur un modèle familial. La situation a aujourd’hui changé. » Par exemple, la performance de manière continue est aujourd’hui la règle.

La prévention du burn out est d’autant plus complexe qu’il n’y a pas de profil plus favorable qu’un autre à un tel épuisement. « Chaque profil a ses faiblesses. Et personne n’est unique, chacun a plusieurs dimensions qui se complètent. Pour expli­quer les choses, on est quelquefois obligé de simplifier les choses. Mais dans les faits, ce n’est qu’en face à face, en travaillant avec les gens, que l’on peut correctement mesurer la situation. » Et en mesu­rant, être capable de prendre les devants et prévenir l’accident. Avec l’obligation d’être performant en permanence, avec l’impossibilité de faire une pause dans sa carrière, l’usure peut devenir plus rapide. « Malheureusement, peu d’entre­prises ont mis en place les outils pour véritablement être proactives dans ce domaine. La plupart du temps, on se concentre sur la réintégration de l’employé dans la structure, au retour de son congé maladie… »