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Emploi

Adem : nouvelles directions de travail



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Isabelle Schlesser, nouvelle directrice adjointe, veut hausser la qualité grâce aux ressources humaines. (Photo : archives paperJam)

L’agence pour le Développement de l’Emploi (Adem) entend mieux porter son nom. Le ministère de l’Emploi et du Travail a mis en place une nouvelle direction à plusieurs têtes. Et celle-ci a des priorités et des ambitions.

L’Adem change. En décembre 2011, son identité s’adaptait : à la faveur du projet de loi la réformant, l’« administration de l’emploi » devenait « agence pour le développement de l’emploi ». Au-delà des mots, c’est une tout autre perception que le ministre Nicolas Schmit souhaitait alors imprimer, poussé dans le dos par d’inquiétantes, et récurrentes, statistiques en hausse sur le nombre de demandeurs d’emploi dans le pays…

Ensuite il y eut, presque discrètement, fin juin, le débarquement soudain de Mariette Scholtus, qui était à la tête de l’Adem. À présent, la nouvelle direction est en poste. Et les objectifs se présentent au grand jour.

L'hydre du service public

L’Adem a trois têtes désormais : Géry Meyers, ancien des Affaires étrangères, est directeur. Il est entouré de deux adjointes, Isabelle Schlesser et Gaby Wagner. Mais le véritable changement est sur le fond, dans les priorités affichées et dans la volonté politique. Si l’accent est mis sur la lutte contre le chômage, « c’est dans la manière de l’aborder que réside la nouveauté », insiste le ministère. « L’Adem s’envisage désormais comme un prestataire de service public, résolument orienté vers ses clients, tant vis-à-vis des demandeurs d’emploi que des employeurs. L’objectif sera de fluidifier les relations entre les parties prenantes et de proposer à l’avenir des solutions satisfaisantes pour l’ensemble des intervenants. »

Comme dans le management d’entreprise, l’Adem a nommé des objectifs : « qualité, performance, efficacité, disponibilité et réactivité » sont les clés pendues au trousseau de Géry Meyers. Celui-ci souligne le défi que l’agence souhaite relever : « se donner les moyens d’introduire des méthodes de gestion modernes afin de remplir pleinement la mission de l’Adem ».

Des ressources pour la mentalité

Pluridisciplinaire, l’équipe dirigeante s’appuie sur une structure interne qui se veut efficace pour répondre aux besoins, des demandeurs d’emploi comme des employeurs. Le nouveau service « Organisation et Qualité », présenté comme le pivot central du renouveau, accompagne l’ambition de renouveau.

« Un changement structurel ne peut se passer d’un changement dans les mentalités », souligne le ministère. L’ambition passe donc inévitablement par un gros travail sur les ressources humaines en interne. « Différents projets sont en cours afin de faciliter le travail des collaborateurs et leur permettre d’atteindre le niveau de qualité escompté », dit la directrice adjointe Isabelle Schlesser, juriste, qui était auparavant dans le comité de direction de Luxinnovation. Pour la nouvelle chargée des services internes de l’Adem, il est primordial que les 340 collaborateurs « appelés à jouer un rôle crucial dans le nouveau fonctionnement et l’orientation revisitée » marquent leur « l’adhésion au projet de la réforme ».

Mieux cibler, mieux servir

Mais c’est évidemment en direction de son public que l’Adem doit se montrer meilleure. Pour renforcer son offre, l’agence mise sur un call center, « nouveau centre névralgique », qui devra fournir des réponses claires à tout interlocuteur, ou le diriger sans détour vers la personne capable de le renseigner.
Encore plus concret ? « Un puissant outil », commente le ministère du Travail : la convention de collaboration. Préparée par l’ancienne équipe, elle arrive à maturité en s’adaptant à la nouvelle configuration : c’est un pacte, en quelque sorte, conclu entre la personne à la recherche d’un emploi et l’Adem. « C’est un partenariat fondé sur un engagement mutuel. Si le demandeur d’emploi doit porter son propre projet », affirme Gaby Wagner, directrice adjointe chargée du développement de l’emploi et de la formation, « son conseiller aura comme mission de l’épauler, de l’aider à trouver les moyens d’améliorer ses compétences et d’augmenter son employabilité. Dans ce contexte, l’emploi des jeunes revêt une importance particulière. »

Au sein de l’agence, il y aura aussi, par exemple, un délégué à la formation des demandeurs d’emploi, surtout pour la population jeune et pour les personnes peu qualifiées. Avec une structure informatique renforcée, l’Agence entend aussi intensifier ses relations avec les entreprises.