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Sécurité

Accidents du travail: parfois mieux, pas encore bien



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La Chambre des salariés dresse le bilan statistique des accidents du travail. Pour les faits considérés comme graves (minimum quatre jours d’absence), le Luxembourg progresse mais demeure dans le ventre mou du classement européen. Certains secteurs, comme la construction, conservent un taux d’accident grave beaucoup trop élevé.

Dans une note récente, la Chambre des salariés se penche sur les accidents du travail et, en particulier, sur les accidents graves (entraînant minimum quatre jours d’absence).

Pour l’ensemble de l’économie, le taux d’incidence par 100.000 emplois est tendanciellement stable depuis 1994. Dans le tableau européen, le Luxembourg se classait, en 2006, huitième sur 15.

Selon les données de 2007, les secteurs de l’économie luxembourgeoise ont connu des fortunes diverses dans leur évolution selon ces critères. La construction est emblématique, puisque c’est là que l’incidence des accidents graves est la plus forte. Au Luxembourg, le taux a baissé entre 1994 et 2007 (de 8.952 à 8.148), mais il demeure très au-dessus de la moyenne européenne qui, elle, a fortement chuté dans les 15 pays considérés (de 9.014 à 5.237).

Très au-dessus de la moyenne aussi, le taux d’accidents graves dans le secteur primaire (agriculture, chasse, sylviculture): 5.355 contre 3.926. Toutefois, l’amélioration est réelle ces 15 dernières années, partout en Europe et, proportionnellement, davantage au Grand-Duché qu’ailleurs.

L’industrie, bonne élève

L’industrie manufacturière est sans conteste le secteur où l'amélioration est la plus sensible. Le Luxembourg était déjà sous la moyenne européenne en 1994. Le recul a été visible partout et cela s’est bien confirmé au Grand-Duché, avec un taux de 3.173 (contre 3.252 en moyenne UE15). La Chambre des salariés ne manque pas de souligner que le secteur industriel est le seul du tableau 2007 à figurer sous la moyenne européenne, alors que, en 1994, le Luxembourg affichait cinq scores bien calés sous la barre transversale de l’UE.

Le secteur de la production énergétique, par exemple, quoiqu’en léger mieux par rapport à 1994, demeure très au-dessus du standard européen (3.169 contre 1.739). Le secteur Horeca du Luxembourg, qui était bien en deçà de la moyenne en 1994 (2.816 contre 4.121), est resté sensiblement le même (en très légère baisse, à 2.733), mais est repassé au-dessus de la moyenne UE15 (qui elle a chuté à 2.705).

Amélioration également dans le commerce luxembourgeois (de 3.194 à 2.492), mais le taux reste plus fort qu’ailleurs.

Risques statistiques plus élevés

Deux secteurs attirent encore spécialement l’attention, parce que leur taux d’accidents graves a augmenté au Luxembourg.

D’une part, les activités financières et l’immobilier présentent un taux certes globalement dans la moyenne européenne, mais en hausse sednsible (1.292 en 1994, 1.474 en 2007). D’autre part, les transports et communications, secteur où le progrès en matière de sécurité a été spectaculaire ces dernières années en Europe, ont vu le taux d’accidents graves augmenter au Luxembourg: de comparativement très bon en 1994 (3.240), le taux au Grand-Duché est passé à 3.650 en 2007, repassant au-dessus de la médiane européenne.

Deux éléments, extérieurs à la note de la Chambre des salariés, peuvent apporter un éclairage sur ces données. Il y a l’évolution du nombre de salariés dans ces secteurs porteurs (plus il y a de monde, plus il y a de risque statistique). Et il y a aussi une autre particularité du Luxembourg: un quart des accidents du travail sont en fait des accidents survenus sur le chemin du travail. C’est une donnée en croissance, corollaire au nombre de frontaliers qui, par définition, se déplacent davantage.