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AC - Alternating current ou l'alternative par le couran

AC - Alternating current ou l'alternative par le courant



Paperjam

Quand les données se mêlent au secteur!

«La bande passante est suffisante, il faudra créer des applications» disent les uns, contrecarrés par ceux qui prônent que les applications viendront à force d'avoir la bande passante. Mais quelle est la technologie qui franchira la première le cap de l'introduction sur le marché? Le WLL, le satellite, xDSL  et quel sera la technologie utilisée? 

Du côté infrastructure les questions se posent différemment: Alors que dans les têtes des théoriciens et spécialistes du marketing les aspects de faisabilité et de la  rentabilité du «fibre to the curve» sont pesés contre la stratégie «fibre to the home», rares sont les connexions directes et existantes franchissant la célèbre «last mile», lien final entre l'opérateur et le consommateur.

Or de nos jours presque 100% des foyers jouissent d'un raccordement au réseau électrique, en clair, à côté du téléphone et de l'antenne, il existe, du moins en terme de raccordement physique, une alternative pour le transport des données.

Ce fait ouvre dès lors la porte aux spéculations quant à l'accessibilité universelle et omniprésente sur Internet par simple coup de «Plug&Play». Et comme si nos rêves eurent été entendus CEGECOM  nous promet que dés 2001 il suffira de connecter le PC sur le secteur pour profiter à la fois d'Internet à large bande passante, d'un réseau quasi instantané et en plus la téléphonie sur le secteur. Trois lettres pour  résumer le tout : PLC, en mots: PowerLine Communication. Un paquet «power» quant au potentiel offert:

Tout d'abord la PLC offre des nouvelles possibilités de contrôle et de maintenance à distance pour l'opérateur.   Pour ce qui est du côté consommateur, les premières applications utilisant le principe du transport des données par le câble électrique remontent dans les années 80 où des appareils branchés sur secteur surveillaient les enfants qui dormaient dans la chambre à côté, les «babyphones». La technologie analogique alors employée suffisait pour vaguement distinguer les cris du bébé d'une simple variation de tension influant sur le haut-parleur. Pour l'application «babyphone» la technologie a vite été abandonnée en faveur des systèmes à transmission radio, plus performants et fiables. L'idée néanmoins a survécue et a été développée et soutenue, abandonnée par certains et poussée par d'autres. Parmi les adeptes nous retrouvons deux géants du secteur: Siemens  et la RWE. Les progrès réalisés sont énormes, à condition de disposer d'assez de bande passante, les débits pourraient (en théorie) aller jusqu'à 100Mbits. Néanmoins les bandes utilisables à ce moment sont très limitées et la bande passante disponible n'est que de 38,5kHz, peu de choses comparé aux 130kHz qui permettent à l'ISDN de galoper à raison de 128kbps sur Internet et à des années lumières des 100Mbits avancés par les plus optimistes.

Heureusement pour CEGECOM, l'ILR  ferme un ?il (en autorisant un projet pilote sur des bandes non-réglementées) pour surveiller avec l'autre que la nouvelle technologie ne brouille pas le spectre d'autrui. Ainsi le projet pilote fait rêver une sélection d'utilisateurs pilotes d'un futur rapide avec 500kbs à l'heure actuelle et jusqu'à 7Mbits dans le futur, partagé bien sûr. 

La connexion est facile, un modem spécialisé  est installé chez le client, dès lors les données attendent à la sortie de la prise, bientôt le téléphone pourra même être branché sur la même prise.

La PLC crée, et les fournisseurs en sont fiers, un LAN  quasi instantané. Qui dit  LAN connecté à Internet dit aussi Internet connecté au LAN et donne accès sur les fichiers les plus intimes de la sphère familiale. S'il est vrai qu'il y a moyen de protéger ses fichiers contre l'intrusion, il n'est pas moins vrai que cette problématique se doit d'être sérieusement étudiée avant d'être largué sur le grand publique, souvent déjà dépassé par les simples virus de la vie virtuelle courante. Autre problème: La présence en direct sur le net requiert une identification unique sous forme d'adresse IP officielle. Ce petit détail lie le succès de la PLC très étroitement à la date d'introduction de la nouvelle version du protocole Internet: IPv6 .

D'autres soucis résident dans l'infrastructure du réseau électrique. D'abord côté opérateur, où on doit résoudre la transmission des données entre la haute tension et la basse tension. En prévision de la libéralisation, nombre d'opérateurs ont en effet tiré un câble à fibre optique entre les différents pylônes de haute tension. Cette fibre sert tout d'abord au transport de données de maintenance, offrant en prime une énorme surcapacité qui n'attendait que l'attribution de licences de télécommunication. A l'heure actuelle, différentes solutions sont étudiés afin de transporter les données en provenance de cette fibre optique dans les stations de transformation.

Au niveau de la maison unifamiliale, le courant arrive en règle générale sur trois phases. Pour des raisons évidentes ces trois phases sont strictement séparées les unes des autres. Or, pour garantir une présence universelle du signal «data», il faudra trouver un moyen qui à la fois liera les trois phases tout en évitant les problèmes y relatifs.

Finalement, le réseau à basse tension est loin d'être stable, citons ici seulement les embrouillements causés par le branchement d'un consommateur quelconque.

Last but not least il est important de surveiller de près le comportement d'un tel système sur l'environnement. A l'heure actuelle et dans les constellations de la phase pilote, les radiations mesurées par l'ILR ne semblent pas poser de problèmes. Ces observations seront-elles vraies aussi lorsque le projet passera à l'étape suivante?

Il est évident que le progrès ne manquera pas d'apporter des solutions aux problèmes évoqués. L'approche est très intéressante et prometteuse, mais comme toujours dans le domaine des nouvelles technologies, il n'est pas évident de réaliser le transfert dans la pratique. Côté développement, l'on est très confiant quant aux solutions des problèmes techniques, un peu moins peut-être quant aux résolutions politiques à trouver. En effet sans base légale la PLC ne pourra jamais dépasser le cap du projet pilote.

Liens intéressants:

www.cegecom.lu - www.cenelec. org - www.ilt.lu - www.keyintelecom.com - www.powerlinenet.    de - www.plcforum.com - www. siemens.de/plc