ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Patrick Muller (Fischer & Panelux)

«55% du chiffre à l’exportation»



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Patrick Muller a encore de l'ambition pour le centenaire. (Photo: Blitz / archives)

L’enseigne Fischer a vu le jour en 1913. Aujourd’hui, ce sont deux sociétés, un vaste site de production à Roodt/Syre, 70 magasins, 930 personnes… Panelux exporte de plus en plus sa production et investit pour faire mieux. Questions au CEO Patrick Muller.

Monsieur Muller, on fête le centenaire de l’enseigne Fischer. Peut-on parler d’une success-story familiale devenue emblématique?

«C’est bien une histoire de famille. De familles même, puisqu’à côté de l’histoire de la famille Fischer, commencée avec Joseph en 1913, il y a celle de Panelux, la société de production et de distribution derrière l’enseigne de boulangeries, qui croise l’histoire de la famille Muller et des Moulins de Kleinbettingen…

On peut parler de succès aussi. Aujourd’hui, le bilan de l’entreprise centenaire peut afficher plus de 70 points de vente, 930 personnes employées… En fait, nous avons trois métiers. La marque, c’est Fischer, ses boulangeries de proximité où l’on cuit sur place. Ensuite, le site Panelux à Roodt/Syre fait du frais, de la production selon la demande, qui cuit la nuit et part à 4h du matin.

La troisième activité est la moins visible mais elle représente 70% du volume et 55% du chiffre d’affaires: c’est la production de produits surgelés, pour l’exportation. C’est du B2B, qui couvre des marchés dans toute l’Europe, pour des clients comme Eismann, Bofrost ou Picard notamment, mais aussi des grossistes comme la Provençale…

Peut-on dire que le site unique de production a marqué un tournant? Comment va évoluer ce site?

«Oui, en 1991, les différents sites historiques se reconcentraient pour une production plus industrielle à Rood/Syre. L’entreprise a fait un trois en un, et a augmenté les capacités de production. On parle d’industrialisation, surtout dans la production à destination du marché européen de surgelés. Mais il y a un savoir-faire artisanal auquel on tient et il y a un tas de choses qui se font encore à la main pour notre boulangerie; nous faisons notre propre levain par exemple…

Cela étant, au début du 20e siècle, le site utilisait 10 tonnes de farine par jour. On en est à 50 tonnes aujourd’hui. C’est clairement la production pour l’export qui a permis un grand développement. Quand je suis arrivé en fonction, en 1996, 80% du volume allait en distribution chez Fischer. L’export représentait 17% environ. Nous n’avons pas cessé d’évoluer, de chercher de nouveaux clients, d’être à l’écoute des marchés pour adapter nos produits. Et nous avons encore beaucoup de projets.

Vous évoquez des investissements en cours pour 15 millions d’euros?

«C’est le total prévu sur la période 2012-2014. Mais c’est un besoin d’investir tout le temps. Nous sommes en train de créer deux nouvelles lignes de production, qui permettront un peu d’embauche en plus au passage. Ces unités de fabrication sont prévues pour début 2014. 

Nous devons aussi, pour suivre la production et la demande, augmenter la capacité de nos congélateurs, afin de passer de 6.000 à 9.000 palettes.

Vous allez vous ouvrir au public et faire découvrir vos métiers aussi?

«C’est un projet qui se concrétise et sera prêt pour le grand public début septembre. C’est la Broutegass, le chemin du pain en français. Un circuit de visite guidée par notre personnel, avec une série de cinq écrans vidéo pour expliquer en images, et avec les voix de nos dirigeants ou membres de la famille, nos métiers, l’histoire de la maison, la face cachée de la boulangerie, la valeur de nos produits finis et de nos matières premières issues du terroir… Nous pourrons ainsi recevoir, sur réservation, des groupes, associations, écoles…

Et les boulangeries Fischer vont continuer à croître?

«C’est à l’ordre du jour… Il est clair que les habitudes de consommation changent sans cesse. Nous sommes présents dans les supermarchés depuis les années 70. Et nous poursuivons le développement de nos comptoirs de vente, en adaptant les concepts.

Nous ciblons la Grande Région. Au Luxembourg, nous serons au nouveau Pall Center à Strassen en octobre. Et nous ouvrirons en été un 5e magasin en France, à Marange, où nous créons une boulangerie de proximité.»