POLITIQUE & INSTITUTIONS
JUSTICE

Pour des vols en avion jamais prestés

42.700 euros à payer par Transline Tours



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L’ancien dirigeant de Transline Tours avait commercialisé des billets à un prix défiant toute concurrence, mais n’avait jamais réussi à trouver une compagnie aérienne disposée à opérer des vols à ces tarifs. (Photo: David Laurent / archives)

L’agence de voyages Transline Tours, déclarée en faillite en 2015, devra verser 42.000 euros de dommages et intérêts à ses anciens clients lésés.

La 18e chambre du tribunal d’arrondissement siégeant en matière correctionnelle a finalement retenu la seule infraction de publicité trompeuse à l’encontre de la société et de son ancien dirigeant, Thomas M., acquittant le conseil juridique Jeannot B. Les juges ont donc estimé que les infractions d’escroquerie, d’abus de confiance et de blanchiment n’étaient pas constituées.

La société Transline écope ainsi d’une amende de 2.000 euros, tandis que son ancien dirigeant se voit réclamer 5.000 euros.

La bonne affaire reposait sur du vent

Tous deux devront verser près de 42.700 euros de dommages et intérêts à 47 clients lésés, dont trois ont aussi obtenu une indemnité de procédure. 123 victimes s’étaient portées partie civile pour un montant de 76.000 euros.

Transline Tours avait commercialisé début 2013 plus de 500 billets d’avion à prix cassés – 295 euros un aller-retour pour le Portugal durant l’été – avant même d’avoir trouvé une compagnie aérienne partenaire. Dans l’incapacité d’obtenir un accord qui lui permettait de rentrer dans ses frais, la société avait dû informer ses clients de l’annulation des vols, mais avait invoqué la faillite d’un prestataire pour la justifier.

Vacances annulées, mariages manqués ou achat de billets à la dernière minute à un prix exorbitant: la bonne affaire s’est transformée en malédiction pour les clients abusés. Quelques-uns ont été remboursés avant la mise en liquidation de la société début 2015, les autres ayant dû attendre l’audience du 16 mai dernier devant le tribunal pour réclamer une indemnisation.

L’ancien directeur a 40 jours pour interjeter appel de ce jugement.