COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Absentéisme

300.000 jours de maladie en plus



L’absentéisme est un vrai problème. Mais ce ne sont pas les plateaux vides qui font le plus de bruit. (Photo : Licence CC)

L’absentéisme est un vrai problème. Mais ce ne sont pas les plateaux vides qui font le plus de bruit. (Photo : Licence CC)

L’absentéisme a son observatoire. Et il constate une légère hausse du taux global d’absence, pour cause de maladie. Si près de 170.000 salariés n’ont pas eu la moindre absence en 2011, l’augmentation des périodes de maladie, en un an, se chiffre, exactement, à 291.879 jours. Les troubles psychologiques sont une cause à suivre.

À la suite de l’introduction du statut unique, le ministre de la Sécurité sociale et le ministre du Travail et de l’Emploi, avaient décidé, en 2009, en accord les syndicats, de créer un Observatoire de l’absentéisme. La mise en place de cet outil en ligne était censée permettre à tout le monde de suivre l’évolution de l’absentéisme au sein de son entreprise, pour la comparer, par exemple, avec la moyenne du secteur d’activité concerné.

L’outil existe bel et bien et, depuis mai 2011, le Ceps/Instead met en ligne, deux fois par an, les chiffres, puisés dans les statistiques officielles (de la sécurité sociale notamment), pour les entreprises occupant plus de 10 salariés.

9,4 jours en moyenne

Un rapport complet vient par ailleurs d’être présenté, sur la « situation de l’absentéisme pour cause de maladie en 2011 des salariés du secteur privé ». Thierry Mazoyer, de l’IGSS (Inspection générale de la sécurité sociale), commente les chiffres et voit trois faits caractéristiques.

D‘une part, 47,2 % des salariés n’accusent aucune période de maladie en 2011. D’autre part, « le nombre d’épisodes de maladie reste en moyenne le même en 2011 qu’en 2010, à savoir 2,5 épisodes pour les salariés ayant connu au moins un épisode de maladie pendant l’année ». Enfin, la durée des périodes de maladie augmente de 2010 à 2011, passant de 8,3 à 9,4 jours civils en moyenne.

Mais un autre chiffre, moins relatif, saute aux yeux : par rapport à 2010, on relève une augmentation de 291.879 jours civils de maladies. Globalement, on observe aussi une augmentation du taux d’absentéisme de longue durée (de 1,3 à 1,6 %), alors que les absences de courte durée connaissent une légère baisse (de 2,0 % à 1,9 %).

Pathologies de longue durée

Les éléments statistiques ne permettent pas d’imputer une responsabilité particulière à un statut socio-professionnel, à un lieu de résidence, à un secteur d’activité, à une tranche d’âge ou à un sexe en particulier.

En revanche, l’analyse des diagnostics (pour la population résidente exclusivement) montre que la hausse des absences de longue durée vient, pour un tiers, de pathologies relevant des TMC (troubles mentaux et du comportement) au sens large du terme. Ces mêmes troubles causent 4,9 % des épisodes de maladie de courte ou moyenne durée, et 14,2 % de l’ensemble des jours de maladie.

L’intérêt de ces données permet, sans doute, de s’intéresser aux causes, et d’imaginer des remèdes idoines. Pourtant, selon Mireille Zanardelli, chercheuse au Ceps, la fréquentation du portail de cet observatoire de l’absentéisme a tendance à baisser, « malgré les appels réitérés à la consultation du site, lors du lancement de chaque nouvelle vague de données. »