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Au premier semestre 2016

30% de faillites en plus sur un an



Entre le 1er janvier et le 30 juin, pas moins de 533 entreprises ont mis la clé sous la porte, selon les données de Creditreform Luxembourg, publiées ce mercredi. Soit une progression d’un peu moins d’un tiers sur un an. Mais les choses ne devraient pas durer.

Le mois de juin n’aura pas inversé la tendance observée depuis le début de l’année en matière de faillites. En six mois, les tribunaux d’arrondissement de Luxembourg et de Diekirch ont prononcé 533 cessations d’activité. Un chiffre en «forte augmentation qui est de l’ordre de 30% (par rapport à 2015, ndlr) et se situe au niveau du triste record des premiers semestres 2012/2013», note Herbert Eberhard, administrateur délégué de Creditreform Luxembourg.

Et ce aussi bien dans le tribunal d’arrondissement de Luxembourg (+30,3%) que dans celui de Diekirch (+27,7%) en comparaison au premier semestre 2015. Sans surprise, sur l’ensemble du territoire, c’est le secteur des services qui se trouve être le plus exposé, puisque représentant 67,03% des jugements rendus. Contre 53,41% un an auparavant. Ce secteur devance le commerce (26,51%) et la construction (6,03%).

Des initiatives avec une influence positive sur les start-up.

Herbert Eberhard, administrateur délégué de Creditreform Luxembourg

Dans les faits, cela se traduit par la disparition de 2 sociétés de production, de 38 actives dans la construction, de 146 dédiées au commerce, dont Meng Drogerie, et de 347 proposant des services. Selon Creditreform, la part plus importante des services dans les prononcés de faillites ne doit cependant pas «être surévaluée», car «il s’agit généralement de petites entreprises ayant employé entre une à trois personnes». Comprenez que cela traduit également «la dynamique des créations d’entreprises au Luxembourg».

Dans le détail, ce sont les sàrl qui sont les plus touchées par le phénomène (35,2%), devant les SA (18,7%). Les déconfitures de sociétés ayant moins de 5 ans progressent puisqu’elles représentaient 31% au premier semestre 2015, contre 34% un an plus tard. «Mais malgré cette légère hausse, les initiatives du gouvernement visant à favoriser les créations d’entreprises ont une influence positive sur les start-up», note Creditreform.

Une référence à la réforme toujours en gestation de la loi sur les faillites, qui devrait changer la donne. Mais aussi sur l’implémentation à venir au 16 janvier 2017 d’une sàrl-s, destinée à «faciliter la création d’entreprises par de jeunes entrepreneurs». Selon les informations de Paperjam, le texte sera d’ailleurs voté la semaine prochaine à la Chambre. Sur l'ensemble de l'année 2015, 873 sociétés avaient fait faillite, contre 634 en 2006.