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Anniversaire

25 ans d’aventures spatiales pour SES



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Tournée vers l’avenir, SES et son premier satellite Astra 1A est le fruit d’un pari osé. (Photo: Luc Deflorenne / archives)

Le premier satellite de SES était lancé dans la nuit du 10 au 11 décembre 1988. Astra 1A marquait le début, non sans difficultés, d’un géant mondial basé au Luxembourg.

Certains eurent des sueurs froides. Mais après un premier lancement avorté dans la nuit au 9 au 10 décembre 1988, le premier satellite de la flotte SES (alors encore appelée Société européenne des satellites, créée en 1985) prit finalement son envol le lendemain depuis Kourou.

Comme le montre la fiche technique Astra 1A de l’époque, son lancement était prévu mi-88 pour couvrir l’Europe et permettre aux citoyens de recevoir des programmes télévisés.

Pari risqué politiquement et financièrement

Si SES possède aujourd’hui 55 satellites, le pari était osé il y a 25 ans, surtout d’un point de vue financier. Mais l’État luxembourgeois avait accepté de relever le défi, sous l’impulsion de Pierre Werner et de son successeur arrivé à la tête du gouvernement suite aux élections de 1984.

«Je réussis à convaincre le gouvernement et la majorité parlementaire d’adopter une loi en janvier 1986 autorisant l’État à fournir une garantie portant sur un montant de 3,6 milliards de francs luxembourgeois», se souvenait Jacques Santer à l’occasion des 20 ans de SES. «Désormais, le sort de ma carrière politique était irrévocablement lié à la réussite du projet.»

Batailles politiques

Admettant que «cela valait la peine de risquer sa carrière politique», l’ancien Premier et les autorités luxembourgeoises auront cependant dû batailler sur le plan international après le lancement du premier satellite. Les pays voisins voyaient en effet d’un mauvais œil cette nouvelle expansion européenne – dans un premier temps – du Grand-Duché, à l’instar du développement de RTL.

Les temps ont changé et le succès industriel a été au rendez-vous. Probablement grâce à l’apport de compétences externes dès ses débuts, comme les travaux préliminaires de l’américain Clay Whitehead et de sa société Coronet qui avait jeté les prémisses de l’aventure SES. Ironie de l’histoire, la société est devenue SES Global en reprenant un opérateur américain, GE Americom, en 2002. Plus récemment, SES a conclu un partenariat en juin dernier avec la société «Gogo Inflight», spécialisée dans les services internet aériens.

Bausch sur le départ

Depuis qu’Astra 1A a quitté sa position orbitale 19.2° Est, en 2001, SES n’a cessé d’étendre ses capacités au niveau mondial et l’entreprise reste sous le giron étatique, principalement via la BCEE qui joue le rôle d’actionnaire majoritaire.

Outre les probables nouveaux lancements l’an prochain, 2014 sera marquée par le départ de son dirigeant emblématique en place depuis 1995: Romain Bausch. Le CEO et président du comité de direction cèdera sa place le 3 avril prochain à Karim Michel Sabbagh.