PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

L’international en vogue

1er semestre stable pour BGL BNP Paribas



resultatsbglbnpparibas.jpg

La banque mise aussi sur une clientèle internationale pour diversifier ses revenus. (Photo: David Laurent / archives)

La plus importante banque du pays a présenté son bilan pour la première partie de l’année, avec un produit net bancaire en hausse de 2% à 687,6 millions d’euros.

Alors que les travaux d’extension du siège du Kirchberg – qui permettront à ses équipes des bâtiments avoisinants et d’Howald d’être centralisées – se poursuivent, BGL BNP Paribas a dévoilé vendredi ses résultats au 30 juin dernier.

À l’instar de l’agenda de la fin du chantier et du déménagement qui est maintenu pour début 2016, le bilan du premier semestre, approuvé la veille en conseil d’administration, est marqué par la stabilité. Tant du côté du résultat net (174,9 millions d’euros contre 174,7 millions à la même période l’an dernier) que du produit net bancaire, affichant tout de même une légère hausse de 2% à 687,6 millions d’euros.

«Les revenus des activités tournées vers les marchés financiers continuent à être pénalisés par un environnement de taux bas et un contexte réglementaire plus contraignant», note la banque dans son communiqué de presse.

Capter des UHNWI

Dans le même temps, l’institution manœuvre pour s’assurer de nouveaux revenus, tant du côté des activités internationales d’entreprises qui y centralisent leur cash management que des clients internationaux intéressés par la gestion de fortune (wealth management) prolongée en janvier dernier par une offre de family office.

Les assets under management (AuM) en wealth management sont ainsi en augmentation de 4%, comparés au premier semestre 2014, sous la dynamique des «ultra high net worth individuals» (UHNWI) qui représentent désormais plus de la moitié des avoirs dans ce segment.

Quant aux activités de corporate and institutional banking (CIB), elles continuent à être pénalisées par des conditions de taux historiquement bas et subissent les effets de fortes contraintes réglementaires, indique la banque. Depuis l’accord – non obligatoire – conclu entre BNP et RBS suite au repli de cette dernière sur ses terres britanniques, les équipes commerciales luxembourgeoises en CIB sont en relation avec les entreprises et institutionnels clients de RBS pour reprendre la relation, même si «cela prend du temps pour se mettre en place», indique Carlo Thill, président du comité de direction de BGL BNP Paribas.

Fintech: priorité aux ressources

À la question désormais traditionnelle posée aux patrons des banques de l’attrait ou non des fintech, Carlo Thill a fait part de son point de vue sur un «buzzword» qui ne doit pas faire oublier que finance et technologie cohabitent déjà depuis plusieurs années. 

Mais les jeunes pousses qui ont investi ce terrain représentent «une réelle concurrence pour les banques qui doivent trouver des solutions», reconnaît Carlo Thill. Le partenariat noué par la BGL avec la solution de paiement mobile Digicash s’inscrit dans cette logique.

Quant à une vision des fintech pour la Place, Carlo Thill note avec intérêt le travail réalisé par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) pour adapter la réglementation, mais soulève deux défis: «trouver d’une part du personnel qualifié» et combler «un manque de capital risk» au Luxembourg, comparativement à d’autres places comme Londres qui hébergent davantage d’acteurs capables et voulant investir dans de nouveaux modèles d’affaires.

Réseau d’agences: revoir la carte

Ces changements technologiques, la banque les exploite aussi pour développer des applications tant pour ses clients retail que dans le wealth management. Ils se retrouvent aussi dans le visage des nouvelles agences, davantage tournées vers le conseil que les opérations de manipulation d’argent et où l’on retrouve une présence numérique marquée.

Après l’ouverture d’une agence à Pétange en juin dernier, BGL en compte désormais 41 contre 54 au début des années 2000. Ce nombre avait progressivement baissé jusqu'à 36 unités en 2010. 

«Nous ne devrions pas augmenter le nombre d’agences, mais nous allons examiner si les localisations de certaines sont les meilleures», indique Carlo Thill. Une réflexion qui devrait voir à l’avenir certaines antennes être déplacées pour correspondre à l’évolution de la démographie luxembourgeoise et de la relation, de plus en plus dématérialisée, des clients avec leur banque.