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La Révolution de la TV

Netflix coincé entre Apple TV... et la télé finlandaise



La firme de Cupertino compte beaucoup sur le tandem Jennifer Aniston-Reese Whiterspoon et leur Morning Show pour doper l’audience de l’Apple TV. (Photo: Apple)

La firme de Cupertino compte beaucoup sur le tandem Jennifer Aniston-Reese Whiterspoon et leur Morning Show pour doper l’audience de l’Apple TV. (Photo: Apple)

Oubliez la télévision publique: le spectateur moderne regarde ce qu’il veut, où il veut, quand il veut. Ce que Netflix a compris depuis longtemps. Pourtant, avec l’arrivée d’Apple TV et de Disney+, un autre match commence. D’autant que d’autres, sur de petits marchés, ont trouvé une solution alternative.

Personne ne la regarde jamais, mais la keynote d’Apple reste l’événement de la rentrée. Mercredi, au milieu des annonces, Tim Cook a annoncé le lancement, le 1er novembre – pour la Toussaint –, de l’Apple TV.

La date n’est pas laissée au hasard, c’est 15 jours avant le lancement de l’autre futur poids lourd, Disney, avec Disney+.

Pour s’assurer très vite une large base de clients  malgré un catalogue plutôt décevant, Apple a pris deux mesures très bien pensées : le prix de l’abonnement mensuel est de 4,99 dollars, soit près de deux fois moins cher que Netflix, et tous ceux qui achèteront un produit Apple auront un an de gratuité.

Les prévisions annoncent la vente de 130 millions d’iPhone et de 60 millions de MacBook d’ici le printemps, soit déjà 190 millions «naturels», où Netflix en compte 154 millions.

Pour atteindre son niveau, Netflix a dû dépenser 12 milliards de dollars l’an dernier en fabrication et achat de contenus, l’américain jouant avec les «exceptions culturelles» européennes qui veulent qu’une partie du contenu diffusé soit européen. Apple a commencé beaucoup plus modestement, avec à peine 2 milliards de dollars, probablement le temps de profiter des données que laisseront ses clients.

Disney+ se teste aux Pays-Bas

Les données, c’est exactement comme cela que d’autres ont réussi à détrôner le roi Netflix dans d’autres régions du monde. Comme en Finlande,  raconte Eric Scherer, «l’espion du futur de la télévision» du groupe France Télévisions, sur son blog Meta-media .

 « Yle Areena  est bien désormais la première plate-forme de vidéos à la demande des habitants de ce pays nordique à la pointe des nouveaux usages numériques. Un quart d’entre eux y vont même chaque jour!», écrit l’expert français. Reste à séduire les publics les plus jeunes. Yle a même arrêté de vendre du contenu à Netflix.

Disney+, sans attendre son lancement, le 12 novembre aux États-Unis, et début 2020 en Europe,  pensait tester discrètement son service aux Pays-Bas, qui y ont accès depuis ce vendredi . A priori commercialisé à 7 dollars par mois, Disney promet du lourd avec 500 films et 7.500 épisodes de séries, dont 30 ans des Simpsons. Des programmes venus de Disney, mais aussi de la Fox, de la franchise Marvel, ou encore de National Geographic.

Netflix a du contenu, mais déçoit

«Nous avons suivi 48 titres en développement chez Disney+, 43 chez Apple+, et 23 chez HBO Max, contre 71 drames en anglais, 62 séries non anglaises, 32 comédies et 108 films en développement pour Netflix», a déclaré Douglas Mitchelson, analyste du Credit Suisse, dans une note aux clients.

Après des résultats décevants au deuxième trimestre, Netflix doit rebondir au troisième, dit-il, à l’heure où s’engage une compétition terrible. Depuis le début de l’année, le titre a perdu 20%.